Voici une figure qu’on croise rarement dans les manuels d’histoire du jeu de rôle, et pourtant elle coche à peu près toutes les cases utiles à une table : cavalière hors pair, courtisane la plus célèbre de son époque, salonnière courtisée par des ducs, des ministres et un futur roi. Catherine Walters, que tout Londres connaissait sous le nom de Skittles, traverse la seconde moitié du XIXe siècle entre Liverpool, Londres, Paris et, plus brièvement qu’on ne le croit parfois, New York. On vous propose de la redécouvrir, avant de voir ce qu’elle peut apporter à vos parties.
Une origine floue1, à Liverpool
Catherine Walters naît le 13 juin 1839 à Toxteth, un quartier de Liverpool, troisième d’une fratrie de cinq enfants. Son père, Edward Walters, travaille comme agent des douanes sur les docks (certaines biographies en font un capitaine au long cours, mais rien de solide n’appuie cette version)2. Il meurt en 1864. Sa mère s’appelle Mary Ann Fowler.
L’origine de son surnom fait débat, et on préfère vous le dire plutôt que trancher au hasard. Une version, relayée par l’historienne Miriam Bibby, la fait travailler à installer les quilles (« skittles ») dans une taverne des docks de Liverpool, le Black Jack Tavern, ou lui prête un mot d’esprit lancé lors d’une dispute, promettant d’envoyer ses adversaires valser comme des quilles. Wikipédia propose une tout autre origine : un bowling de Chesterfield Street, près de Park Lane, cette fois à Londres et non à Liverpool.

Sur son physique, les témoignages divergent aussi un peu. Miriam Bibby la décrit avec de grands yeux bleu-gris et des cheveux châtains, vive et dotée d’un solide vocabulaire de docker qu’elle n’hésite pas à ressortir face aux prétentieux. Wikipédia est plus tempéré : on la dit généralement jolie dans sa jeunesse, sans beauté classique, et le journaliste Nathaniel Gubbins la trouvait même carrément quelconque. Ce qui ne fait débat nulle part, en revanche, c’est sa silhouette et son talent de cavalière.
Comment une fille de Henderson Street devient-elle une amazone capable de tenir tête à toute l’aristocratie hippique londonienne ? Là encore, deux récits circulent.
Le premier fait déménager la famille à Tranmere, dans le Cheshire, où le père aurait tenu un pub fréquenté par le Cheshire Hunt3, ce qui aurait permis à la jeune Catherine de monter avec la meute. Un recensement de 1851 la situe bien à Tranmere avec son père et ses frères et sœurs, âgée de 11 ans et déclarée écolière, ce qui donne un peu de corps à cette hypothèse.
L’autre version, plus romanesque, la fait débuter comme écuyère de cirque. Les premières biographies de Skittles, écrites à chaud après son arrivée fracassante dans le demi-monde londonien, ont eu tendance à broder, et il devient difficile de démêler le vécu des ajouts destinés à faire vendre.

De Toxteth à Rotten Row
C’est Hyde Park, et plus précisément l’allée cavalière de Rotten Row, qui fait basculer sa vie. Chaque après-midi, pendant la saison londonienne (la « London Season », cette période allant grosso modo d’avril à juillet où l’aristocratie britannique quitte ses terres pour s’installer dans la capitale, entre bals, mariages et mondanités), l’aristocratie londonienne s’y donne en spectacle à cheval ou en calèche.
Dans les années 1860, les courtisanes s’y montrent aussi, et il devient parfois difficile de les distinguer des dames de la haute société : mêmes toilettes soignées, mêmes chevaux superbes. Skittles se lie avec le propriétaire d’une écurie de louage, qui lui offre l’accès à des montures de qualité et finance des tenues d’amazone si ajustées qu’elle ne porte rien en dessous. Wikipédia précise que ses habits de cheval venaient principalement de la maison Henry Poole & Co, avec doublures de soie, cols de velours et poignets brodés, autant de détails qui, à l’époque, participaient déjà de sa réputation d’élégante.

Elle devient rapidement l’une des « pretty horsebreakers 4», terme utilisé pour désigner ces courtisanes à cheval qui font la loi à Rotten Row. Sa première conquête sérieuse, et pas des moindres, c’est Spencer Compton Cavendish, marquis de Hartington, surnommé « Harty-Tarty », héritier du duché de Devonshire. Il l’installe dans une maison de Mayfair avec une rente à vie. Le futur duc ne l’épousera jamais, mais il l’exhibe fièrement, y compris au derby d’Epsom.
En 1862, une lettre parue dans le Times, signée d’un pseudonyme et attribuée au facétieux James Mathew Higgins, décrit l’émoi que provoque le passage d’« Anonyma » (surnom transparent désignant Skittles) dans les rues encombrées près de l’Exposition de Kensington. La lettre raconte comment duchesses et comtesses copient jusqu’à son chapeau, et comment la foule, venue voir l’Exposition, se retrouve bloquée par le passage de « cette jolie créature et ses jolis poneys ».

La même année, son nom se retrouve associé au tableau d’Edwin Landseer La Mégère apprivoisée, présenté à la Royal Academy, qui montre une jeune femme en amazone appuyée contre un cheval agenouillé. Le modèle n’est en réalité pas Skittles mais une autre cavalière réputée, Annie Gilbert, maîtresse du duc de Sutherland. La ressemblance suffit pourtant à troubler les critiques de l’époque, et le tableau finit par être surnommé The Pretty Horsebreaker, confusion que personne, à l’époque, ne semble pressé de dissiper.
Ruptures, départs, nouveaux horizons
C’est sans doute l’épisode le moins consensuel de toute sa biographie5, et on préfère le montrer tel quel plutôt que de trancher dans le vif. Ce qui se passe entre la fin de la relation avec Hartington et l’arrivée à Paris change carrément de version selon la source.
Wikipédia et Historic UK racontent que la relation avec Hartington s’éteint, puis que Skittles part pour la ville d’eaux d’Ems, en Allemagne, où elle rencontre Aubrey de Vere Beauclerk, un homme marié originaire du comté de Down. Des minutes d’un procès en divorce ultérieur, citées par Wikipédia, précisent que le couple se serait retrouvé à Ems dès juillet 1862, avant de voyager ensemble plusieurs mois jusqu’à New York. Beauclerk serait rentré seul en Angleterre en 1863.

D’autres sources racontent une tout autre histoire. Une fiche d’un site de photographies anciennes et un texte visiblement recopié d’une ancienne version de l’article Wikipédia (l’article actuel a changé depuis) affirment que c’est Hartington lui-même qu’elle aurait suivi jusqu’à New York, en pleine guerre de Sécession. Beauclerk n’y est même pas mentionné.
Une troisième version, rapportée par une lectrice de la biographie de référence de Henry Blyth, inverse complètement le sens du voyage : ce serait Hartington qui aurait été envoyé en Amérique par sa famille pour mettre fin à la liaison, et Catherine, comprenant que la relation n’irait pas plus loin, serait partie de son côté vers le continent européen plutôt que de le suivre. Dans cette version, c’est le duc, père de Hartington, qui lui aurait alors versé une pension à vie en dédommagement.

Ce qu’on peut dire avec plus de certitude, c’est que Skittles ne s’est jamais vraiment « installée » aux États-Unis, quelle que soit la version retenue : le séjour outre-Atlantique, quand il a lieu, dure quelques mois, pas plus. Sa vie reste centrée sur l’axe Londres, Paris, avec des séjours de chasse dans le Leicestershire.
Paris, salons et poètes
De retour en Europe, Skittles s’installe à Paris sous la protection d’Achille Fould, financier et conseiller politique de Napoléon III6. Elle y devient l’une des figures dominantes du demi-monde parisien et ouvre un salon. C’est dans ce contexte qu’elle rencontre le poète et diplomate Wilfrid Scawen Blunt, dont la liaison avec elle est brève mais dont l’attachement, lui, ne s’éteindra jamais tout à fait : les deux resteront proches jusqu’à la mort de Catherine.
Le retour à Londres et les dernières années
Skittles passe une dizaine d’années en Europe, revenant régulièrement dans le Leicestershire pour la saison de chasse, activité qu’elle pratique avec passion tant que sa santé le lui permet. En 1870, elle a 31 ans et se trouve donc quelque part dans cette décennie continentale, sans qu’on puisse préciser exactement où : nos sources ne donnent pas d’année par année pour cette période.

En 1872, elle revient à Londres et y ouvre un nouveau salon. Le prince de Galles, futur Édouard VII, compte parmi ses visiteurs réguliers, tout comme Gladstone, dont l’intérêt affiché pour le « sauvetage des femmes déchues » alimente les commérages, alors même que Skittles n’a jamais correspondu à cette catégorie.
C’est également à cette période qu’elle rencontre l’honorable Gerald Le Marchant de Saumarez, artiste de vingt ans son cadet, avec qui elle entretient une relation qui durera jusqu’à sa mort. Wikipédia en langue française mentionne aussi un procès pour une facture de tailleur impayée en 1873, détail absent de la version anglaise de l’article, qu’on relaie donc avec cette réserve.
Skittles se retire vers 18907, femme riche, après une carrière fondée en grande partie sur sa discrétion et sa loyauté envers ses protecteurs, des qualités qui, dans ce milieu, valaient tous les patrimoines. Quand l’âge lui interdit enfin la chasse à courre, elle se met, un temps, au patin à roulettes, alors très à la mode.

Sa mort, sa légende
Catherine Walters meurt d’une hémorragie cérébrale le 5 août 19208, à son domicile du 15 South Street, à Mayfair, où une plaque bleue rappelle aujourd’hui sa mémoire. Elle est enterrée au cimetière du monastère franciscain de Crawley, dans le West Sussex.
Une source non confirmée par ailleurs veut que ce soit Wilfrid Blunt lui-même qui ait organisé ses funérailles, dernier geste d’un attachement qui aura duré près de soixante ans. On le mentionne à titre indicatif, faute de recoupement.
Une légende déjà de son vivant
Skittles n’a pas attendu la postérité pour devenir un phénomène culturel.
Dès 1864, l’éditeur londonien George Vickers publie coup sur coup trois biographies romancées, Anonyma: or, Fair but Frail, Skittles: the Biography of a Fascinating Woman et Skittles in Paris, probablement écrites par William Stephens Hayward ou Bracebridge Hemyng (l’attribution reste incertaine). Leur succès commercial suscite, dans la presse de l’époque, son lot de scandale affiché.

En 1861, le futur poète officiel Alfred Austin la cite nommément dans son poème satirique The Season, où il moque la fascination jalouse que les dames de la bonne société portent à cette cavalière qui, mane au vent, mène Rotten Row à sa guise. Le tableau de Landseer, on l’a vu, lui est associé sans être un vrai portrait d’elle.
Plus tard, en 1887, la médecin et essayiste Elizabeth Blackwell la cite dans un texte moralisateur sur l’influence corruptrice des courtisanes les plus âgées, preuve que sa notoriété a largement débordé le cercle du demi-monde pour devenir un objet de discours public, dans un sens comme dans l’autre.

Une autre confusion, plus tardive celle-ci, entoure un portrait équestre peint par Jean-Édouard Lacretelle, aujourd’hui dans les collections royales britanniques. Longtemps catalogué comme représentant l’impératrice Élisabeth d’Autriche, la fameuse Sissi, il a depuis été identifié comme un portrait de Skittles. Elle n’en finit pas de se faire prendre pour quelqu’un d’autre, ou l’inverse.

Au bout du compte, ce qui frappe le plus dans la documentation disponible sur elle, c’est à quel point les sources se recoupent peu, y compris sur des points qu’on croirait faciles à vérifier : qui elle a suivi en Amérique, avec qui elle a couché, le jour exact de sa mort. Elle a construit toute sa carrière sur la discrétion, sur sa capacité à ne jamais confirmer ni infirmer une rumeur. Cent ans plus tard, historiens sérieux et blogueurs équestres butent encore sur le même mur. Il y a quelque chose d’assez cohérent là-dedans.
Pistes rôlistes
Passons à ce qui nous intéresse le plus ici : comment faire entrer Skittles à une table. L’approche change selon le jeu.
Dans un cadre réaliste, on s’en tient à ce que les sources racontent. Mais dans un jeu ouvertement fantastique ou uchronique, les vides et les contradictions de sa biographie officielle, l’origine floue du surnom, les deux versions sur son apprentissage de l’équitation, la liaison avec Napoléon III jamais confirmée, l’écart d’un jour entre sa date de mort et celle gravée sur sa tombe, deviennent autant de failles où glisser une autre histoire. C’est de la fiction assumée, pas de l’histoire, et les deux articles ne se contredisent pas : on sait ce qui relève de l’un et de l’autre.
Château Falkenstein, 1870 (31 ans)
Le postulat de Falkenstein, un XIXe siècle où féerie et diplomatie se mêlent sans jamais s’exclure, colle bien à une femme qui a passé sa vie à circuler entre deux mondes sans appartenir tout à fait à aucun. En 1870, elle se trouve dans sa décennie continentale, entre Paris et le Leicestershire : rien n’empêche un MJ de la placer sur le chemin des PJ lors d’une saison de chasse, ou dans un salon parisien où se négocient, sous couvert de mondanités, des informations bien plus sensibles. Sa position, connue de tous mais jamais tout à fait respectable, en fait une intermédiaire crédible pour un contrat social ou une intrigue de cour : elle sait des choses que personne d’autre n’oserait répéter, et surtout, on ne se méfie jamais assez d’elle.
C’est aussi le jeu où on peut aller le plus loin dans la relecture fantastique. Les deux origines rivales de son surnom, l’une à Liverpool, l’autre à Londres, n’ont pas besoin d’être départagées : on peut très bien décider que les deux sont vraies, l’une servant de couverture publique à l’autre. Et le mystère jamais résolu de son incroyable talent équestre (dressage au sein de la Cheshire Hunt ou piste de cirque, selon les sources) s’ouvre à une lecture proprement féerique : une faveur obtenue d’une cour cachée, payée d’un prix qu’elle n’a jamais révélé à personne, pas même à Hartington.
L’Appel de Cthulhu, Cthulhu by Gaslight, 1890 (50 ou 51 ans selon la saison)
En 1890, Skittles a quitté la scène du grand demi-monde flamboyant, mais son salon de Mayfair tourne toujours, avec le prince de Galles parmi ses habitués. C’est une position idéale pour une campagne victorienne : elle n’enquête pas elle-même, mais elle a passé trois décennies à recevoir du beau monde sans jamais être tout à fait dedans, ce qui en fait une des rares personnes de Londres capables d’ouvrir une porte chez un duc et une autre dans un bouge des docks.
Les PJ pourraient avoir besoin d’une introduction dans un cercle fermé, ou chercher à savoir ce qu’elle sait vraiment d’une rumeur qui circule depuis des années dans son salon sans jamais être prise au sérieux ailleurs. Là encore, si le jeu s’y prête, sa longévité et son passage par tant de milieux différents en font une candidate crédible pour avoir croisé, sans le savoir vraiment, quelque chose que Londres préfère oublier.
Simulacres, version vernienne (1850-1880)
Sa trajectoire réelle, Liverpool, Londres, Ems, New York, Paris, colle particulièrement bien au format épisodique de la version vernienne de Simulacres. Elle peut servir de fil rouge mondain d’une campagne itinérante, croisée à Ems lors d’une intrigue de ville d’eaux, puis retrouvée à Paris dans le sillage d’un financier influent comme Achille Fould.
La liaison avec Napoléon III que les sources sérieuses ne confirment pas devient un excellent point de départ fictionnel : et si cette rumeur, jamais vraiment étouffée, cachait un service rendu bien plus trouble que ce que l’histoire officielle veut bien dire ? Sa position d’observatrice privilégiée du demi-monde, doublée de cette zone d’ombre, en fait une pièce idéale pour un complot où elle sait, sans le vouloir, bien plus qu’elle ne devrait.
D’autres tables, d’autres décennies
Skittles meurt en 1920, ce qui la rend techniquement disponible, très âgée, pour toute campagne se déroulant jusqu’au tout début des années 1920. Dans Verne & Associés 1913, elle aurait 73 ou 74 ans : plus une actrice de l’intrigue qu’une participante active, mais une référence de légende vivante que des PJ pourraient chercher à consulter, à condition de la trouver encore en état de recevoir. Pour tout autre système situé dans le Londres ou le Paris de la seconde moitié du XIXe siècle, sa position d’équilibriste entre respectabilité et scandale reste l’atout principal : elle ouvre des portes que personne d’autre n’ouvre, et elle le sait.
Encadré
la saison, un calendrier à emprunter pour situer vos intrigues
La « saison » (Season), c’est la période de l’année où l’aristocratie britannique quitte ses terres pour s’installer à Londres, le temps de la vie mondaine et politique. Les sources ne s’accordent pas totalement sur son point de départ : certaines la font commencer peu après Noël, d’autres à la rentrée parlementaire de Pâques. Toutes s’accordent en revanche sur sa fin, autour du milieu de l’été, fin juin.
La saison coïncide avec la session du Parlement : pairs du royaume et députés y participent presque tous, ce qui en fait un décor aussi politique que mondain. C’est aussi le moment où les jeunes filles de bonne famille sont présentées à la cour, en vue du mariage, un vrai marché matrimonial déguisé en calendrier de réceptions.
Un repère chronologique, utile pour situer une scène ou faire circuler des PJ sur une année entière :
- printemps : ouverture de la saison, premiers bals, débuts en société
- fin mai, début juin : Epsom Derby
- juin : Royal Ascot, le rendez-vous hippique le plus mondain du calendrier
- fin juin, début juillet : Henley Royal Regatta, Wimbledon
- fin juillet, début août : Cowes Week, dernière grande sortie avant la clôture
- 12 août, le « Glorious Twelfth » : ouverture de la chasse à la grouse, la haute société quitte Londres pour l’Écosse
- fin d’été et automne : saison écossaise, environ dix semaines, chasses au faisan et à la perdrix, bals de chasse
- hiver : retour dans les terres, chasse au renard (dont la Cheshire Hunt mentionnée plus haut), avant le retour à Londres au printemps suivant



Ce calendrier londonien ne suffit pas pour une campagne qui bouge sur le continent ou outre-Atlantique. Paris a sa propre saison, la Grande Saison, de la mi-avril à juin, précédée d’une petite saison de décembre à Pâques rythmée par les courses hippiques et le Salon de peinture. New York et Newport ont chacune la leur, l’une calée sur l’hiver, l’autre sur l’été. De quoi savoir, sans l’inventer, où un personnage de la bonne société est censé se trouver à une date donnée : à Ascot en juin, en Écosse en septembre, ou au coin du feu à la campagne en janvier.
Skittles elle-même suit ce rythme presque à la lettre : parade à Rotten Row pendant la saison, chasse dans le Leicestershire une fois l’automne venu, salon parisien calé sur la Grande Saison. Un bon moyen de vérifier qu’un scénario tient debout : si un personnage de son rang se trouve à Londres en octobre plutôt qu’en Écosse ou à la campagne, il vaut mieux avoir une bonne raison à lui donner.
Sources
Un mot sur la méthode avant la liste : cet article croise des sources de qualité très inégale, des encyclopédies collaboratives soigneusement référencées jusqu’à des blogs d’équitation qui recopient parfois l’un l’autre sans le dire. On les a toutes gardées, mais hiérarchisées dans le texte plutôt que mélangées.
Sources principales :
Wikipédia (anglais), « Catherine Walters » : https://en.wikipedia.org/wiki/Catherine_Walters
Wikipédia (français), « Catherine Walters » : https://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_Walters
Wikipédia (anglais), « Social season » : https://en.wikipedia.org/wiki/Social_season
Miriam Bibby, « Skittles The Pretty Horsebreaker », Historic UK : https://www.historic-uk.com/CultureUK/Skittles-Victorian-Courtesan-Horsebreaker/
Royal Collection Trust, notice du portrait par Jean-Édouard Lacretelle : https://www.rct.uk/collection/406621/catherine-walters-1839-1920-called-skittles
Référence de fond, non consultée directement mais citée par plusieurs des sources ici :
Henry Blyth, Skittles: The Last Victorian Courtesan: The Life and Times of Catherine Walters, Londres, Rupert Hart-Davis, 1970.
Sources secondaires, à traiter avec plus de réserve :
Amanda Uechi Ronan, « Women’s History Month: The Pretty Horsebreakers », Horse Nation : https://www.horsenation.com/2025/03/18/womens-history-month-the-pretty-horsebreakers/
Courtney, « The Equestrian Life of Catherine Walters, the Victorian Courtesan », An Equestrian Life : https://anequestrianlife.com/2024/05/the-equestrian-life-of-catherine-walters-the-victorian-courtesan/
London Remembers, notice « Catherine Walters (Skittles) » : https://www.londonremembers.com/subjects/catherine-walters-skittles
19thcenturyphotos.com, notice de carte de visite : http://www.19thcenturyphotos.com/Catherine-Walters-(‘Skittles’)-123604.htm
The French Sampler, « Catherine Walters The Last Victorian Courtesan » : https://thefrenchsampler.blogspot.com/2010/04/catherine-walters-last-victorian.html
TheKnittedRaven, lecture de la biographie de Henry Blyth : https://www.theknittedraven.com/2022/11/catherine-skittles-walters.html
ML équitation en amazone, « Catherine Skittles Walters amazone 1860 » : https://eroschevauxpassion.over-blog.com/article-catherine-skittles-walters-amazone-1860-85310395.html
- NDLR : alors pour être clair, une grande partie de l’histoire de Catherine « Skittles » Walters est floue. A mesure qu’on rédigeait cet article on trouvait des infos contradictoires. Ce qui peut être logique, car les courtisanes laissaient très souvent planer le flou sur leur passé. Ce petit coté mystérieux qui faisait parti de leur charme a brouillé les pistes quand on cherche des infos fiables. ↩︎
- NDLR : deux sources secondaires ajoutent des détails qu’on ne trouve ni chez Wikipédia ni chez Historic UK. Le père aurait été porté sur la boisson et emmenait sa fille dans les pubs dès son plus jeune âge, ce qui expliquerait en partie son solide vocabulaire. La mère, elle, serait morte plus tard en couches, lors d’une naissance suivante et non celle de Catherine, ce qui, si c’est exact, réconcilie ce détail avec le fait qu’elle soit la troisième d’une fratrie de cinq. L’une de ces deux sources s’appuie explicitement sur la biographie de référence de Henry Blyth (1970), celle-là même citée par Wikipédia en bibliographie, ce qui lui donne un peu plus de poids que les autres ajouts non confirmés de cet article. ↩︎
- NDLR : la Cheshire Hunt est une société de chasse à courre (chasse au renard, à cheval et avec des chiens) fondée dans le comté du Cheshire, l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses d’Angleterre. Y être associé, même comme simple spectatrice, plaçait quelqu’un au contact direct de la gentry locale, ce qui donne un peu de poids à l’hypothèse d’un apprentissage précoce de l’équitation dans ce milieu. ↩︎
- NDLR : le phénomène dépasse le seul cas de Skittles. Dans les années 1860, plusieurs jeunes femmes nouent le même type d’arrangement avec des écuries de louage londoniennes : celles-ci leur fournissent chevaux et tenues d’amazone en échange d’une publicité vivante, leur passage remarqué à Rotten Row étant censé donner envie aux gentlemen séduits d’acheter les montures qu’ils venaient d’admirer. C’est cette exposition publique quotidienne, plus que leurs activités réelles, qui vaut à la plupart de ces cavalières une réputation de courtisane, méritée ou non selon les cas. ↩︎
- NDLR : ces trois récits ne peuvent pas être vrais en même temps. Soit elle suit Beauclerk, soit elle suit Hartington, soit elle ne suit personne et c’est Hartington qui part. On ne choisit pas celle qui arrange le mieux le récit : on les laisse les trois sur la table. Le seul point commun, c’est que la fin de l’histoire avec Hartington coïncide avec un départ, à Ems ou en Amérique, et qu’elle finit de toute façon par Paris. ↩︎
- NDLR : plusieurs sources secondaires évoquent aussi une liaison avec Napoléon III lui-même, en plus de celle avec Fould, dont une qui cite le journal The Independent. Aucune des sources qu’on considère comme les plus solides ici, la version actuelle de Wikipédia, Historic UK, le Royal Collection Trust, ne la reprend. Mais elle revient assez souvent ailleurs pour qu’on la signale sans la trancher : peut-être un fait réel disparu des versions les plus récentes de sa biographie, peut-être une rumeur d’époque recopiée de site en site depuis des décennies. ↩︎
- NDLR : deux sources indépendantes, dont une lecture de la biographie de Henry Blyth, racontent qu’elle serait restée proche de sa plus jeune sœur au point de l’aider à faire un beau mariage, celle-ci devenant vicomtesse grâce à ses relations. Ni Wikipédia ni Historic UK ne reprennent ce détail, mais deux sources qui ne semblent pas se copier l’une l’autre et qui s’accordent sur ce point, ça lui donne un peu plus de poids que les autres ajouts non confirmés de cet article. ↩︎
- NDLR : sa pierre tombale, elle, porte la date du 4 août 1920, un jour d’écart avec la date retenue par les biographies. Et ce n’est pas qu’une affaire de gravure : plusieurs sources secondaires, dont un blog qui recopie visiblement une ancienne version de l’article Wikipédia, retiennent elles aussi cette date du 4 août plutôt que celle du 5. On le signale parce que c’est le genre de détail qui peut faire une bonne accroche de scénario : versions officielles et traces matérielles ne concordent pas toujours, et là, ça se joue même entre sources censées raconter la même histoire. ↩︎


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