Janvier 2026. Obligatoire, apparemment.
Bon.
Il paraît qu’il faut souhaiter la bonne année.
On a failli oublier. Ou plutôt non. On y a pensé. Et puis on a soupiré très fort.
Bonne année donc. Voilà.
C’est dit. C’est coché. On peut passer à autre chose ?
Vous avez peut-être remarqué un truc avec scriiipt.
On a un vrai, profond, ancien problème avec les normes et les conventions sociales de base. Les formules toutes faites. Les passages obligés. Les moments où il faudrait avoir l’air collectif, souriant, disponible.

Déjà il y a quelques années, ça nous mettait en tension. Aujourd’hui, c’est devenu franchement pénible.
On n’en est pas encore à jeter des cailloux sur les passants pour qu’ils changent de trottoir. Mais disons que la foule, le bruit, l’enthousiasme forcé et les vœux automatiques provoquent surtout une envie très forte de disparaître un moment.
Quoi qu’il en soit janvier 2026 ça ressemble pas à un commencement. Plutôt à une continuation un peu plus lourde. Un monde qui n’a rien réglé, qui a juste empilé. Les colères, les injustices, les impostures, les discours creux. La fatigue aussi. Surtout la fatigue.
Bon, et en plus pourquoi ce serait le 1er janvier la date de la nouvelle année1 ? Hein !?! Encore un truc débile, la date change tout le temps et puis c’est même pas la même date pour tout le monde.
On écrit quand même. On publie quand même2. Parfois sans prévenir. Parfois presque en cachette. Pas par coquetterie. Pas par stratégie. Juste parce que c’est comme ça qu’on tient. Scriiipt ressemble de plus en plus à un site où l’on publie pour poser les choses, pas pour faire venir du monde.
Le décor, vous le connaissez.




Forêts qui ne promettent rien. Lieux vides qui attendent sans attendre. Restes humains débarrassés de leur récit. Violences historiques qu’on a longtemps appelées nécessaires, et qui ressemblent surtout à des aveux d’échec.
Il n’y a pas de message positif caché derrière. Pas de twist final. Pas de rédemption de dernière page.
On cherche pas à choquer3. On refuse juste de jouer le jeu de l’optimisme obligatoire.
Alors oui, bonne année, vraiment. Mais sans ironie totale et sans enthousiasme non plus.
Et maintenant, s’il vous plaît,
on peut arrêter les formules et continuer à écrire.
- Le 1er janvier n’a pas toujours été le premier jour de l’année. Au Moyen Âge l’année commençait par exemple à la date mobile de Pâques. En France c’est depuis un édit de Roussillon en 1564 que l’année commence officiellement ce jour. ↩︎
- Oui, on le dit souvent, mais vous imaginez à peine à quel point… Là, par exemple on est en train de se demander où on a bien pu mettre certains articles. C’est malin. ↩︎
- Même si oui un peu, vous savez comme ces vieux punks ronchons qui insultent les passants. ↩︎


Commentaires
2 réponses à “Edito de Janvier”
Bonne ânée !
Non, non ! Pas la tête, j’l’ai pas dit !
Mouais… ça passe. Mais faut pas en abuser.
