Mars, le temps qui passe et les projets qui s’accumulent
Ces jours-ci, je me replonge dans Highlander. Oui, la série des années 90. Trench-coats, katana, regards intenses et flashbacks historiques à chaque coin de rue. Forcément, je me pose la question : est-ce que ça a vieilli ? La réponse est… mitigée.

Certains épisodes sentent clairement leur époque. Le rythme est plus lent. Les dialogues parfois un peu appuyés. Les combats filmés avec ce sérieux très 90’s qui frôle parfois la pose. Mais au milieu de tout ça, il y a toujours cette idée simple et puissante : des immortels qui traversent les siècles, changent d’identité, accumulent les souvenirs et les regrets.
Et puis il y a la musique de Queen. Princes of the Universe. Là, rien n’a bougé. C’est toujours aussi efficace. Instantané. Comme si certains morceaux échappaient au temps.
Ça me fait réfléchir à nos pratiques rôlistes. Les systèmes vieillissent. Les modes passent. Les esthétiques changent. Mais certaines idées restent solides. L’immortalité, les sociétés secrètes, les identités multiples, les époques qui se croisent… C’est du matériau brut pour une table de jeu. Highlander, au fond, c’est presque une campagne prête à jouer.
En parallèle, on a repris les séances de jeu. Et là, petit dilemme.

On a passé beaucoup de temps à préparer RuneQuest. De la lecture, du travail, de l’enthousiasme. Il y a quelque chose de précieux dans cet investissement. On ne balaie pas ça d’un revers de main.
Mais en ce moment, j’ai une envie très forte : faire découvrir Mega 5e à de nouveaux joueurs. Pas pour remplacer. Pas pour renier ce qu’on a préparé. Juste pour ouvrir une autre porte.

Mega, c’est le mouvement. Les mondes parallèles. Les divergences. La possibilité de jouer avec l’Histoire sans la figer. Pour des nouveaux joueurs, c’est souvent plus direct : on agit, on explore, on voyage. Pas besoin de maîtriser un pan entier de mythologie pour commencer à s’amuser.
Alors comment le dire sans donner l’impression qu’on abandonne le reste ? Peut-être simplement comme ça : Et si on testait ? Trois séances. Une mini-mission. Une parenthèse.
Le jeu de rôle, ce n’est pas un contrat gravé dans le marbre. C’est un espace d’expérimentation. On peut aimer RuneQuest et avoir envie de Mega. On peut construire sur la durée et, en même temps, s’autoriser des bifurcations.
Et pendant ce temps-là, les financements participatifs suivent leur propre calendrier. J’attends Delta Green. Paranoïa. Achtung! Cthulhu. Arkeos. Changelin. Les étagères vont encore se remplir. Les cartons vont arriver. Et le temps, lui, restera le même. Vingt-quatre heures par jour. Pas une de plus.

C’est un paradoxe très moderne : on accumule plus vite qu’on ne joue. On lit, on rêve, on prépare… mais les campagnes réellement menées jusqu’au bout sont rares. Est-ce qu’on achète pour jouer ? Ou pour nourrir l’imaginaire, même si ça reste sur une étagère pendant des mois ?
Je ne crois pas que ce soit un échec. Les livres non joués ne sont pas inutiles. Ils inspirent. Ils donnent des idées. Ils déplacent notre regard. Mais à un moment, il faut aussi choisir. Ouvrir un seul ouvrage. Lancer une partie. Même imparfaite.



Commentaires
Une réponse à “Édito de Mars 2026”
est-ce que ça a vieilli ?
Oui quand même un peu…
et pour les financements participatifs j’ai loupé celui de Changelin. je vais de ce pas aller voir.