Dans les années 1960 et 1970, une partie du cinéma américain se fabrique loin des grands studios. Des films tournés vite, avec peu de moyens, souvent distribués dans les circuits de drive-in ou de grindhouse. Parmi les réalisatrices de ce cinéma indépendant figure Doris Wishman, dont les films occupent aujourd’hui une place particulière dans l’histoire du cinéma d’exploitation.

Ses films mélangent polar, sexualité, vengeance, scandales médiatiques et milieux interlopes. On y croise des danseuses de cabaret, des journalistes à la recherche d’un scoop, des criminels nerveux et des personnages qui tentent de survivre dans un monde un peu tordu.

Ce genre de galerie de personnages est finalement très proche de ce que l’on aime utiliser en jeu de rôle. En regardant ces films aujourd’hui, on se rend compte qu’ils peuvent facilement servir de réservoir d’idées pour des PNJ, surtout dans un univers inspiré des années 1960 ou 1970.

Des univers presque identiques au nôtre

Dans Mega, l’existence de Terres parallèles permet d’imaginer des mondes très proches du nôtre, mais avec de légers décalages.

Ces Terres parallèles ne sont pas fondamentalement différentes de la nôtre. On y retrouve les mêmes villes, les mêmes journaux, les mêmes clubs nocturnes et les mêmes milieux interlopes que dans les années 1960 ou 1970. La différence tient surtout aux trajectoires des individus : ici un journaliste poursuit un scandale, là une danseuse cherche à se venger, ailleurs un criminel échappe à la police.

Des histoires ordinaires… jusqu’au moment où une intervention Mega, une faille ou un Transit inattendu change la donne.

Rien de spectaculaire. Juste des univers où les trajectoires des personnages prennent une direction différente. C’est dans ce genre de contexte que les personnages inspirés du cinéma de Doris Wishman deviennent intéressants.

Quelques figures typiques de cet univers

Dans ces films, on retrouve souvent les mêmes archétypes. Des femmes qui connaissent parfaitement les règles du milieu nocturne. Des journalistes persuadés de tenir un scandale. Des criminels nerveux qui sentent la police se rapprocher. Des intermédiaires qui naviguent entre clubs, affaires douteuses et réseaux clandestins.

Les fiches ci-dessous proposent quelques personnages directement inspirés de ces films :

Tess : Femme élégante et froide, habituée des clubs et des bars où circulent hommes d’affaires douteux et petits criminels.

Ann Bundy : Jeune épouse respectable poussée peu à peu dans une situation qui la dépasse.

Tony Barler : Intermédiaire du milieu, toujours impeccablement habillé, capable de passer de la conversation au couteau ou au revolver sans hésitation.

Duke Martin : Braqueur en fuite qui tente de disparaître dans un endroit improbable.

Stacy Taylor : Journaliste envoyée infiltrer un camp naturiste pour écrire un article scandaleux.

Ellen Green : Femme en fuite qui traverse plusieurs villes sous de fausses identités.

Arthur Sherwood : Rédacteur en chef persuadé de tenir un énorme scandale… avant de découvrir que la réalité est plus complexe.

Toplar : Chef discret d’un réseau criminel international qui préfère rester dans l’ombre.

Deux héroïnes possibles

Deux personnages peuvent être parfaits pour jouer des PNJ Acteurs, d’où une fiche plus détaillée.

Jane Genet – Agent 73 : Espionne infiltrée dans les milieux nocturnes, utilisant la séduction comme arme.

Crystal : Danseuse de cabaret poursuivant méthodiquement les responsables d’un crime passé.

Dans certaines Terres parallèles de Mega, ces deux femmes pourraient presque être la même personne… avec une histoire différente.

Ces figures issues du cinéma d’exploitation peuvent devenir, dans Mega, des points d’entrée idéaux pour des missions de faible visibilité : observer une divergence historique naissante, sécuriser une personne exposée à une anomalie, identifier l’influence d’un acteur interdimensionnel, remplacer discrètement un individu entre deux Terres proches…

Les Messagers n’apparaissent alors pas comme des sauveurs spectaculaires, mais comme des opérateurs discrets intervenant au moment précis où une trajectoire commence à dévier.

Dans une campagne Mega, Agent 73 peut être utilisée comme un Contact de très haut niveau, déjà engagée dans une guerre discrète contre des réseaux criminels ou politiques qu’elle ne comprend pas entièrement. Elle agit comme une agente indépendante, efficace mais isolée, manipulée ou soutenue par des acteurs dont elle ignore parfois la véritable nature. Selon les besoins du scénario, elle peut être une alliée précieuse, une concurrente involontaire des Messagers, ou une intervenante locale déjà impliquée dans les conséquences d’une anomalie interdimensionnelle.

Une source d’inspiration inattendue

Le cinéma d’exploitation a longtemps été considéré comme un cinéma mineur. Pourtant, ces films regorgent de situations étranges, de personnages ambigus et d’atmosphères très particulières.

Exactement le genre de matière première que l’on peut recycler en jeu de rôle. Parfois, une idée de scénario ne vient pas d’un grand film culte… mais d’un vieux film bizarre tourné en quelques jours dans les années 60 (et finalement devenu culte quand même).

Et ce n’est pas forcément une mauvaise chose.

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