Il y a des jours où on se dit qu’on va écrire un article pour le site ou pour le blog, un truc en rapport avec le jeu de rôle. On a une idée, ou au moins l’envie de parler d’un jeu, d’un supplément, d’un scénario ou d’un sujet qui nous intéresse. On ouvre son navigateur, on commence à chercher quelques informations, et puis on tombe sur une image qui va attirer notre attention (ou peut-être juste détourner notre attention).
On ouvre un autre site, puis un blog, puis une galerie. On regarde des couvertures de vieux magazines, des photographies, des dessins plus ou moins étranges. On finit par passer une heure à explorer des pages sans vraiment savoir ce qu’on cherche. On ouvre de nouveaux onglets, on enregistre quelques trucs1 et on oublie complètement ce qu’on était venu faire au départ.
Le plus drôle, c’est qu’on n’a pas même pas forcément l’impression de perdre notre temps. Après tout, on cherche de la documentation, on nourrit l’imaginaire, on découvre des choses. C’est même une activité plutôt agréable quand on aime le JdR et tout ce qui tourne autour. On se dit qu’on trouvera bien quelque chose à faire de tout ça.
Parfois, c’est effectivement le cas. Une photo peut donner envie d’inventer un perso (PJ ou PNJ), un lieu, une organisation secrète ou le point de départ d’un scénario. Une vieille couverture peut rappeler un jeu oublié ou donner une idée pour un supplément qu’on avait laissé de côté. Il suffit parfois d’un détail pour que l’imagination se mette en marche.
Mais il arrive aussi qu’on fasse les choses dans l’autre sens. Au lieu de partir d’une idée pour chercher ce qui pourrait l’illustrer, on accumule des références et on essaie ensuite de trouver ce qu’on pourrait bien en tirer. On tente de les rattacher à un univers, de leur inventer une histoire ou de se convaincre qu’elles finiront par servir à quelque chose. C’est une manière assez particulière de préparer un article, surtout quand on n’a pas encore décidé de quoi on voulait parler au départ… Comme là, à ce point de l’article, on sait pas du tout où on veut en venir.
Et puis, il y a la préparation elle-même. On se dit qu’il faudrait lire un peu plus sur le sujet, vérifier deux ou trois informations, retrouver une référence ou consulter un vieux supplément. On repousse le moment de commencer à écrire parce qu’il manque toujours quelque chose. On pourrait encore trouver une meilleure source, un exemple plus pertinent ou une idée plus intéressante. Finalement, on passe beaucoup plus de temps à préparer l’article qu’à le rédiger.
Le JdR se prête assez bien à ce genre de procrastination. Les univers sont vastes, les références nombreuses, les possibilités presque infinies. Il y a toujours un jeu à découvrir, un vieux magazine à feuilleter ou un supplément à relire. Et comme tout cela peut réellement nourrir la création, il devient difficile de faire la différence entre le temps consacré à chercher de l’inspiration et celui qu’on passe simplement à éviter de se mettre au travail.
Au bout du compte, on n’a parfois rien écrit du tout. On a quelques idées en tête, une dizaine d’onglets encore ouverts et un dossier qu’on se promet de ranger un jour. Mais ce n’est pas forcément du temps perdu. Une de ces découvertes donnera peut-être naissance à un scénario dans trois mois, ou deviendra le point de départ d’un article auquel on n’avait même pas pensé.
En attendant, le texte qu’on devait écrire aujourd’hui attend toujours. Et on aimerait dire qu’on vient justement de trouver un site qui pourrait être intéressant à consulter, mais pas encore… Alors on continue à chercher.
- Ah, oui et aussi en général on oublie où on a enregistré les images ou bien encore, elle sont tellement mal nommées qu’on a aucune chance de les retrouver facilement plus tard. ↩︎


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