Vestiges est un jeu de rôle sur table, sorti cette année par Sylkaen. Il nous a contactés directement pour nous le présenter, on préfère le dire d’emblée. Le jeu s’appuie sur les règles du SRD 5.2.1 (donc la 5e édition de D&D), une version 3.5 existe en parallèle, et le tout se vend en PDF.

Petit aveu : on n’est pas super fans de D&D et on connaît mal la 5e. On ne se prononcera donc pas sur la mécanique. Mais on la regarde quand même avec intérêt, tant elle se prête à l’adaptation à toutes sortes d’univers. Vestiges en est un de plus.

Le monde s’empile

Sylkaen est le premier monde de l’univers Vestiges, un Cosmos découpé en Strates. Il a déjà fini plusieurs fois. Chaque civilisation s’effondre lors d’une Rupture, la suivante bâtit par-dessus, et ces âges successifs s’appellent des Cycles. Ce qui survit, ruines, machines ou phénomènes que la magie explique mal, prend le nom de Vestiges.

Les personnages ne viennent donc pas débarrasser la région d’une menace. Ils rouvrent des choses, et le monstre qui garde un lieu est présenté comme une conséquence, pas comme le but. Y’a de quoi monter une campagne de fouilles où c’est l’Histoire, plus que le donjon, qui pose les questions. Archéologie et fantasy, c’est un mariage qui nous parle : c’est ce qui nous avait attirés, jadis, dans Earthdawn.

Ce que contient la gamme

Le Livre des Joueurs (234 pages) propose vingt peuples : huit lignées fondatrices (humains, elfes, nains, orcs, colosses, etc.) et douze peuples inédits. Parmi eux, les Lithari sont faits de pierre vivante, les Ferrans de métal vivant, et les Éclipsés ne sont là qu’à moitié, tant qu’on les regarde. Les douze classes du SRD gardent leurs règles d’origine et reçoivent chacune un archétype de monde, purement optionnel. S’y ajoutent deux classes originales, l’Archéomancien (la Résonance des ruines) et le Mécaniste (des Inventions). Aucune des deux ne lance de sorts. Le livre compte aussi 28 sorts inédits, 25 dons et quinze dieux qui furent mortels avant d’être « ascensionnés ».

Le Livre du Maître (194 pages) est réservé au meneur de jeu : l’Histoire véritable des Cycles, seize villes cartographiées, le Cosmos profond. Il contient aussi les objets magiques. Dix-neuf sont « ouvrés », c’est-à-dire fabriqués par les vivants d’aujourd’hui. Neuf sont des Survivances, héritées de Cycles morts, dotées d’un Écho : l’objet « répond » et réclame son dû à l’usage. L’idée est de transformer le moment du butin en scène (qui la porte ? on la vend ? on la remet là où on l’a trouvée ?). Le Bestiaire compte cinquante créatures, et un supplément décrit Nyméria, la cité de départ.

Un scénar gratos

Pour se faire une idée sans rien acheter, il y a La Main qui compte, un livret d’une vingtaine de pages. C’est la suite du scénario d’introduction, Le Contrat de routine, mais il se lit seul. Les personnages sont des releveurs de la Ligue de Nyméria, payés pour descendre sous terre, noter, puis remonter. Ici, ils tombent sur des marques à la craie qui comptent quelque chose.

Six scènes, quatre personnages de niveau 2 prêts à jouer, une aventure qui récompense l’enquête autant que le combat. L’auteur la prévoit pour une ou deux séances.

Pour en savoir plus

L’usage de l’IA. Les illustrations des ouvrages sont générées par IA. Le livret du scénario gratuit, téléchargeable avant tout achat, précise aussi qu’une partie du contenu a été élaborée avec l’aide de l’IA, également utilisée pour la correction et les traductions. On trouve ça bien d’être prévenus clairement. Pour certain·es lecteur·ices, ça sera un repoussoir, et on comprend. Le débat reste ouvert, chacun fera son choix en connaissance de cause.

Les règles et la compatibilité. L’édition 5e repose sur le SRD 5.2.1 (licence Creative Commons CC-BY 4.0), l’édition 3.5 sur le SRD 3.5 (Open Game License). Les livres ne recopient pas les règles de base : il faut les connaître ou avoir le SRD à côté. Vestiges se présente comme une œuvre indépendante, sans lien avec Wizards of the Coast. Les « peuples » correspondent à ce que la 5e appelle des espèces (les anciennes races). Leurs blocs de traits s’utilisent tels quels dans une autre campagne 5e, et l’édition 3.5 en fournit des versions converties. Seul le lore est propre à Sylkaen, et rien n’oblige à l’emporter avec les règles. Même principe pour les classes, les Survivances et les créatures.

La création de personnage. Elle repose sur quatre piliers : le peuple, la classe, l’origine et les caractéristiques. Dix origines sont proposées, de l’Archéologue des Vestiges au Passeur des Strates. Aucune n’accorde de bonus de caractéristique. Chacune donne un trait narratif, un levier social ou d’exploration, jamais un bonus de combat.

Côté joueureuses. Le Livre des Joueurs suffit pour créer un personnage. L’auteur recommande de ne pas lire le Livre du Maître si on joue, puisqu’il contient la véritable Histoire des Cycles. Les pages du site, elles, sont sans divulgâcher.

Le format et l’achat. Tout est en PDF, à télécharger sur itch.io.

Pour aller plus loin

Auteur/autrice

  • Le collectif scriiipt

    Scriiipt, c’est bien plus qu’un simple site web : c’est un collectif geek passionné, rassemblé autour de scriiipt.com, un espace incontournable pour les amateurs de culture rôliste, d’imaginaire foisonnant et de créations en tout genre. Ce collectif est animé par l’envie de partager, d’explorer, et de transmettre l’amour du jeu de rôle sous toutes ses formes, tout en ouvrant une porte sur des univers fantastiques, des récits captivants, et des sources d’inspiration infinies. Que vous soyez joueur expérimenté, conteur en quête d’idées, ou simple curieux, scriiipt.com est là pour tous, avec une dose de créativité et de fun à chaque détour.



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