Je me refais la série de Xena (en vo c’est Xena: Warrior Princess).
Enfin plus exactement, je recommence Xena. Depuis le début. Huit épisodes à peine, le tout début du tout début. Autant dire qu’on est encore dans la phase où la série se cherche, où elle empile des idées, où elle teste ce qui va tenir sur la durée et ce qui va se vautrer joyeusement.
Je connais la série, évidemment. Mais en réalité, je la connais mal. Les saisons 1 et 2 vues à l’époque, quand ça passait à la télé. Le reste en morceaux, par épisodes attrapés au hasard, sans continuité, sans vraie vision d’ensemble. Et surtout, je n’ai jamais vu la fin. Jamais vraiment suivi l’arc complet.
L’intégrale DVD traîne depuis des années, achetée avec de bonnes intentions, jamais menée à terme. Donc ce qui suit, ce n’est pas un jugement définitif. C’est un verdict provisoire, assumé, posé à chaud.
Là, vous voyez le boitier qui a bien souffert de multiples déménagements depuis son achat. Je n’ai pas l’intention de le revendre, mais bien de visionner son contenu.

Pour l’instant, ça marche. C’est fun, agréable à regarder, parfois complètement excessif, parfois franchement maladroit, mais globalement ça tient. Beaucoup mieux que ce que je craignais.
Les effets sont datés, oui. D’ailleurs, déjà à l’époque de sa première diffusion, c’était déjà un peu craignos et parfois cheap. Certaines intrigues forcent un peu, oui.
Mais Xena n’a jamais prétendu être une reconstitution sérieuse de l’Antiquité. Elle fabrique un monde mythique bricolé, incohérent sur le papier, mais étonnamment stable dans son ton. Et ça, finalement avec le recul, ça passe encore très bien.

Revoir les premiers épisodes aujourd’hui, c’est aussi voir une série qui pose très vite ses obsessions. La violence passée, la culpabilité, l’idée qu’on ne peut pas simplement effacer ce qu’on a fait. Xena n’est pas une héroïne propre.
Elle traîne derrière elle des massacres, des villes brûlées, des morts qui ne sont pas là juste pour faire joli dans un background. Même si la série reste pulp, parfois très premier degré, il y a déjà cette idée que la rédemption n’est ni simple ni gratuite.

Du coup, forcément, une question arrive très vite. Est-ce que je vais aller au bout cette fois-ci ? Impossible à dire. Pour l’instant, je regarde ça tranquillement, un ou deux épisodes à la fois. Sans binge, sans pression.
Xena se regarde mieux comme ça, par petites doses, comme une vieille BD pulp qu’on ressort de temps en temps. Peut-être que je décrocherai à nouveau. Peut-être que j’irai enfin jusqu’à cette fameuse fin dont tout le monde parle. On verra.

Autre question qui pointe très tôt, même avec seulement huit épisodes. Est-ce que ça donne envie de jouer ? Clairement oui.

Pas parce que la série serait un modèle de fantasy héroïque classique, mais parce qu’elle est fondamentalement bancale. Son monde est plein de dieux capricieux, d’injustices, de choix impossibles. L’héroïsme n’y est jamais totalement confortable. Et surtout, la relation centrale entre Xena et Gabrielle est déjà là, forte, ambiguë, jamais réduite à un simple gimmick.

Ça ouvre des pistes très intéressantes pour du jeu de rôle centré sur les personnages, sur l’après, sur ce qu’on fait quand on essaie de réparer quelque chose d’irréparable.
Reste la tentation un peu fétichiste du jeu de rôle officiel. Le Hercules and Xena RPG existe, il est estampillé West End Games, système D6 modifié, très fidèle au ton de la série. Pulp, action, monstres, bastons, répliques bien senties.

À la lecture, ça fonctionne. Mais ça sent aussi son époque. C’est très efficace pour l’aventure, beaucoup moins pour les zones d’ombre, les silences, la culpabilité, les dilemmes moraux qui apparaîtront plus tard dans la série. Là encore, ça donne surtout envie de piocher dedans, pas de l’appliquer religieusement.

Au final, cet article n’est pas un bilan. C’est un point d’étape. Un regard de reprise sur une série que je croyais connaître, mais que je n’avais jamais vraiment traversée jusqu’au bout. Tout peut encore changer. L’enthousiasme peut retomber, certaines saisons peuvent me lasser, d’autres me surprendre. Mais pour l’instant, Xena tient. Et rien que ça, après presque trente ans, c’est déjà pas mal.



Commentaires
3 réponses à “Revoir Xena, la guerrière”
j’avoue n’avoir jamais vu Xena
Pour le coup c’est une belle invitation.
Pour une fois, on a pas misé sur une série qui à 30 ans au compteur… Attends… euh mince, 30 ans déjà ? On dirait que oui, les premiers épisodes datent de 1995.
C’est pas extraordinaire, si on aime l’histoire Antique, on peut avoir le poil qui se hérisse… Pour un passionné d’histoire comme moi, ça m’avait agacé à l’époque, j’ai appris à lâcher prise depuis 🙂
Série très sympa, c’est du pur pulp rôliste par moment, c’est LGBTfriendly en douce (enfin, surtout L et B je crois).
J’avais apprécié la série ! Hélas, à l’époque je n’avais pu regarder que quelques épisodes. Je vais voir si je peux me relancer dedans… Tout d’abord trouver où regarder les épisodes 🙂
Au passage, un grand merci pour ces articles et un grand merci aussi pour tes likes sur mes modestes dessins 🙂