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« Nouvelle Conscience » de Robert G. Forge

J’ai lu jusqu’au bout « Nouvelle Conscience » de Robert G. Forge ! Donc, j’ai aimé… Et dès les premières lignes je savais déjà que j’allais dévorer les 404 pages de ce roman.

La chronique littéraire ce n’est clairement pas mon fort. Pour faire simple, soit j’aime et je lis jusqu’au bout, soit je n’aime pas et dans ce cas, je fini rarement ma lecture.

J’ai lu jusqu’au bout « Nouvelle Conscience » de Robert G. Forge ! Donc, j’ai aimé… Et dès les premières lignes je savais déjà que j’allais dévorer les 404 pages de ce roman.

Nouvelle Conscience de Robert G. Forge

Résumé du roman 

Dans le Paris actuel, trois chercheurs en informatique sont recrutés pour mettre au point une intelligence artificielle d’un nouveau genre. Les développeurs se poseront des questions telles que :
– Une IA peut-elle mentir ?
– Devra-t-elle être soumise à des règles ?… elle m’a traité de menteur là, j’ai rêvé ?
Ces questions vont déchirer le trio jusqu’à ce que l’un d’eux trouve la mort et implique l’intervention d’un lieutenant de police.
Dans un questionnement social, économique et technologique, ce polar peu conventionnel vous accompagne dans la découverte de l’Intelligence Artificielle.

Nouvelle Conscience de Robert G. Forge

Robert G. Forge, l’auteur nous a accordé un peu de son temps pour un échange autour du roman et d’autres choses. Voici l’occasion pour en découvrir un peu plus avant (ou après vous être lancé dans la lecture de Nouvelle Conscience).

L’échange

Iso : J’avoue ne pas avoir lu entièrement le pitch avant de me lancer dans la lecture du roman, et si je recommande une chose, c’est de faire pareil et d’oublier tout de suite ce que vous venez de lire, cela n’en sera que plus efficace.

Robert G Forge : C’est un peu radical, mais je comprends l’idée. En gros :
– « Ne lisez pas la 4e de couv’ et faites-moi confiance ! »

Iso : Oui, tout à fait ! A la lecture du roman je peux en dire que c’est une lecture agréable. Et le style est fluide, sur un sujet qui pourrait être complexe et ardu. On se prend à s’interroger soi-même sur ce que pourrait être (ou devrait être) une intelligence artificielle. Et on se prend également à aimer et à détester certains des chercheurs en informatique. 

On pourra toujours regretter que la teneur philosophique des propos n’est pas assez pointue, mais est-ce que c’est réellement le but du roman ?

Robert G Forge : Clairement pas, mais j’ai trouvé intéressant d’imaginer les réflexions de développeurs (mais pas que) dans cette situation. J’avoue avoir des choses à dire sur notre société, comme tout le monde.

J’ai voulu écrire ce roman au moment où l’intelligence artificielle étant en révolution grâce notamment à IBM avec Watson (vainqueur de Geopardy face à des humains) et Google avec AlphaGo, qui a renvoyé l’être humain face à ses limites cérébrales.

On a alors vu fleurir une ribambelle de programme « avec-de-l’IA-dedans-que-c’est-trop-cool ».

Un véritable IAWashing utilisé pour gonfler les ventes et soutirer un peu plus d’argent aux clients (je ne dis pas que c’est le cas pour tous… généraliser, c’est pas bien).

Là-dessus, les vieilles rengaines sur le Skynet de James Cameron ont fleuris, genre « L’IA va-t-elle asservir l’Humain ? ».

Je travaille sur le web comme intégrateur développeur depuis 99 et je voulais crier aux « noob » (encore appelé « béotien » au siècle dernier) qu’un programme ne fera rien d’autre que ce que les développeurs auront décidé qu’il ferait. Si un programme tient des propos racistes par exemple, c’est que les données qui lui ont été servi l’étaient elles aussi… pour l’instant.

Donc l’idée derrière Nouvelle Conscience c’est une sorte de voyage initiatique au pays des IA. Je ne sais pas si tu as poussé la curiosité jusqu’à aller voir les liens que j’ai mis en notes de bas de page, mais y a même moyen de jouer avec un vieux programme qui se fait passer pour un psy (en anglais).

Evidemment, j’ai fait ce qu’il fallait (je crois) pour que ce soit sympa à lire en y ajoutant un côté policier.

Iso : C’est une lecture accessible, et aussi dont on peut débattre à loisir. Et cela m’évoque un fameux  “Et vous que feriez-vous ?” 

Robert G Forge : Que feriez-vous pour ?

Iso : Je précise ma pensée: Je dirais donc plutôt “et vous à la place de ces développeurs à qui l’on accorde une latitude immense pour créer une entité intelligente, qu’est-ce vous feriez ?” Et ce n’est même pas une question de connaissances en informatique qui se pose, c’est juste, « ben voilà, qu’est-ce que vous voulez lui apprendre ? Est-ce que vous voulez limiter cette intelligence ? Ou au contraire l’influencer ? En lisant le bouquin, on va suivre ce cheminement de questionnement en même temps que les protagonistes, et c’est très intéressant de se poser aussi la question : qu’est-ce qu’on ferait à leur place ?

Robert G Forge : Exactement. Que ferions-nous si nous, population de l’Humanité, étions consultés sur ce sujet ? Avec OpenAI, l’idée de Musk et Altman étaient de mettre l’IA au service de l’Humanité. Je crois que ça c’est l’idée du siècle. Un organisme qui permettrait de réguler les usages de l’IA. Cela dit, ce n’est qu’un vœu pieu, une utopie. Les développements en matières militaires notamment sont bien trop tentant pour que ce soit aux mains d’un peuple « qui pourrait ne pas comprendre ».

Iso : Sur scriiipt.com nous sommes sur un site consacré aux jeux de rôle, alors on pourrait se demander quel est le rapport entre ce roman et les JdR ?

Robert G Forge : T’as raison quel rapport ? ^_^

Iso : Pour avoir une tendance plus que certaine à préférer les univers contemporains, le roman « Nouvelle Conscience » est un très bon point de départ pour un scénar de jeu de rôle !

L’histoire se déroule dans notre monde, à l’époque actuelle, sans que cela soit trop défini. Et on va y croiser une ou plusieurs très grosses sociétés capable d’investir énormément d’argent et de moyen dans un projet de conception d’Intelligence Artificielle. Dans quel but ? Vous le verrez en lisant le roman. Mais c’est surtout le comment qui est intéressant.

Robert G Forge : Ouais c’est carrément super intéressant… en tout cas, ça l’a été pour moi. Mes recherches m’ont permis de comprendre un peu mieux comment tout cela fonctionnait et d’imaginer ce qui résulteraient des décisions des développeurs.

Iso : Chers lecteurs amateurs de jdr, vous pourrez puisez dans cette histoire quelques personnages d’informaticiens, et de la matière à des intrigues à rebondissement. Et d’ailleurs ce qui est drôle, et que j’apprécie tout particulièrement, c’est qu’ici les événements vont partir en vrille surtout à cause des choix que les protagonistes vont faire.

Robert G Forge : Punaise, Nouvelle Conscience comme source de scénario de jeux de rôles… je kiffe l’idée.

Cela dit, c’est drôle parce que comme je le disais au début, j’écris des nouvelles depuis quelques temps, mais ce qui m’a vraiment donné envie d’écrire, ce sont les jeux de rôles. Plus précisément une partie de Torg  que j’ai dirigé pendant une petite dizaine d’années (faut vraiment que je m’intéresse à la nouvelle édition). Penser les intrigues, les interactions entre PJ et PNJ mais aussi entre les décisions des PJ et leur influence sur les PNJ et leur environnement. J’ai surtout adoré le moment où j’écrivais mes résumés de partie.

La vache, je suis quand même rôliste depuis 31 ans, la claque ^_^

Iso : Ah oui, on y vient ! Le jeu de rôle est un formidable révélateur de créativité. Et dans de nombreux domaines. Ce qui ne veut pas dire que tous les meneurs de jeu feraient de bons auteurs, ni même que toutes les parties de jeu de rôle feraient de bons livres. Mais on peut y trouver de la matière. Malgré tout on ne s’improvise pas écrivain soudainement ? Si ? Comment es-tu passé de l’envie d’écrire à la concrétisation ? Et cette envie tu l’avais déjà quand tu faisais des jeux de rôle ?

Robert G Forge : J’aime écrire depuis que je suis ado. Avec un cousin dans les années 80, nous écrivions nos propres histoires “dont vous êtes le héros” (Aaaaah La voie du Tigre).
Après cette période je me suis mis à écrire des petits bouts d’histoires pour moi.

Donc non, l’envie d’écrire n’a pas été soudaine, mais l’envie de faire un livre, presque.

Puis j’ai écris des nouvelles et un jour, l’une d’elle a été déclarée « Mention spéciale » dans un prix littéraire (Alain Decaux, prix de la francophonie – 2014). A ce moment-là, je me suis laissé dire que j’étais peut-être prêt à faire plus « conséquent ».

Dans le même temps comme je le disais plus haut, je dirigeais une campagne de jeux de rôle et je m’éclatais à écrire les résumés de partie (http://www.gilles-aubin.net/torg/). A la première occasion, je me suis lancé. Pour moi c’était en 2016 pendant le nanowrimo.

Bien sûr qu’un bon MJ ne devient pas obligatoirement un bon écrivain, mais n’importe quel MJ peut avoir envie d’écrire, ça oui. Il faut juste connaître ses limites et être honnête avec soi-même. En fait, tout le monde peut écrire, c’est même une sacré bonne thérapie perso qui ne coûte pas un rond, mais tout le monde ne devient pas écrivain. C’est un vrai boulot qui demande du travail et du temps. Pour prendre mon exemple, j’ai mis un mois à écrire le 1er jet de Nouvelle Conscience et 19 mois pour le corriger.

Iso : Donc, tu es sur la lancée de l’écriture depuis un moment et « Nouvelle Conscience » c’est ton premier roman, il est édité en auto-édition, c’est bien ça ? Qu’est-ce que tu envisages pour la suite ? 

Robert G Forge : Oui auto-édité, pour le moment. Quand j’ai pris conscience, de l’expérience des autres auteurs, que les maisons d’édition prenaient “un certain temps” pour répondre, je me suis dit qu’en attendant, mon roman pouvait très bien vivre un peu sa vie tout seul pendant qu’elles lisaient mes demandes d’édition.

Je me suis donc tourné vers Amazon (facile à mettre en oeuvre) et Lulu.com.

La suite pour moi c’est de finir le premier jet de mon second roman qui pour le moment s’intitule « Murphy avait raison« , une dystopie d’anticipation.

Ah oui, et faire construire une maison ultra moderne au bord de la mer pour vivre de mes droits d’auteur évidemment ^_^

Iso : Est-ce que cet aspect « anticipation », « fiction contemporaine » c’est ce qui te plait le plus ? Et est-ce que c’est aussi ce que tu affectionnes le plus quand tu fais du jeu de rôle ?

Robert G Forge : Alors ce qui est carrément bizarre en fait, c’est que depuis que je lis, je suis bien plus attiré par des récits de fantasy ou de SF (Legend, Fondation, Les princes d’Ambre, Malhorne, etc.). Mais le premier truc qui m’est venu pour mon premier roman c’est de me servir de l’actualité. Cela dit, mon troisième bébé, déjà un peu en route, est un space-fantasy, avec de la magie et des voyages spatiaux. Ca va être génial… aussi ^_^

Dans les jeux de rôles, j’aurais aimé faire plus de SF, mais mon groupe de vieux amis rôlistes de 30 ans bloque sur la fantasy (avec des règles Rolemaster). En parallèle, j’ai bien essayé de rejouer à Empire Galactique (le 1er jeu de SF que j’ai dirigé) sur un PBF, mais tout ça prend du temps. Cornelius « Spoutkin » Dalembert, mon personnage pilote, n’as pas tenu la distance et je m’en excuse encore auprès du MJ.

Pour la fin :

Je suis très heureux que ce premier roman t’ai plu et ravi que tu es décidé d’en parler à tes ouailles ^_^ Je ne sais pas si tu écris toi-même, mais je peux te dire que pour ma part, ça file la banane.

Encore merci Iso, pour ce moment d’échanges, et bonne lecture à toutes et à tous.

Pour aller plus loin :

Vous pouvez commander Nouvelle Conscience sur
Amazon (livre papier et ebook)
Lulu (livre papier)

Par Iso

Tenancier et créateur de scriiipt.com
Rôliste de très longue date et amateur de fantastique.
Rien à ajouter.

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