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Les nouvelles aventures de Vidocq

La série s’inspire des mémoires d’Eugène-François Vidocq, et met en scène les aventures de cet ancien bagnard devenu policier au début du XIXe siècle.

Voici encore une série TV dont je me referais avec grand plaisir le visionnage : Les Nouvelles Aventures de Vidocq.

C’était une série qui n’a compté que deux saisons et treize épisodes de 55 minutes. Elle a été créée par Georges Neveux et Marcel Bluwal, et diffusée au départ entre 1971 et 1973. Elle a connu quelques rediffusions dans les années suivantes, c’est pour cela que certains s’en souviennent encore.

Bluwal et Neveux avaient déjà réalisé quatre ans auparavant une autre série intitulée Vidocq avec Bernard Noël dans le rôle-titre. C’était en noir & blanc, et elle est moins bien connue.

Vidocq avec Bernard Noël
Bernard Noël [Vidocq, treize épisodes de 25 minutes, en noir et blanc, créée par Georges Neveux (scénariste-dialoguiste) et Marcel Bluwal, réalisée par Marcel Bluwal et Claude Loursais].

Le pitch des Nouvelles Aventures de Vidocq

La série s’inspire des mémoires d’Eugène-François Vidocq, et met en scène les aventures de cet ancien bagnard devenu policier au début du XIXe siècle.

Eugène-François Vidocq
Eugène-François Vidocq, né le 24 juillet 1775 à Arras et mort le 11 mai 1857 à Paris

Dans ces nouvelles aventures, Vidocq se heurte à une ravissante « baronne », redoutable chef de bande.

La Baronne Roxanne de Saint-Gély
Danièle Lebrun  (Baronne Roxane de Saint-Gély) 

Les affaires confiées à Vidocq ne sont pas seulement des affaires policières, mais également des affaires délicates, des affaires politiques, voire diplomatiques.

La série était ainsi présentée dans l’édition Gallimard (1973) :

« S’évader du bagne, se retrouver chef de la Sûreté, accepter des missions policières et politiques de plus en plus importantes, mais se savoir menacé chaque jour d’être remis aux fers en cas d’échec, telle est l’incroyable et pourtant véridique histoire de Vidocq. Ce géant hâbleur et génial […] s’est volontairement enveloppé d’un halo de légendes, ce qui a permis à Georges Neveux d’écrire ses nouvelles aventures et à Marcel Bluwal de les réaliser à la télévision avec beaucoup de succès. […] Si on projetait un jour, et à la file, les vingt-six épisodes [les treize épisodes de Vidocq et les treize épisodes des Nouvelles Aventures de Vidocq] (et la projection complète durerait dix-neuf heures), on s’apercevrait que l’auteur s’est ingénié à suivre la succession des événements et que l’arrière-plan de cet ensemble forme une espèce de fresque exacte et continue de l’histoire française entre 1792 et 1825. »

Le casting

Vidocq et Compagnie

Le casting de la série est particulièrement savoureux, avec quelques bonnes gueules d’acteurs des années 60 et 70.

  • Claude Brasseur : François Vidocq
  • Danièle Lebrun : la baronne Roxane de Saint-Gély
  • Marc Dudicourt : l’inspecteur Flambart
  • Jacques Seiler : Louis Desfossés

Les 13 Épisodes

Première saison (1971)

La caisse de fer :

Vidocq, pour qui un service vient d’être créé (la Sûreté), doit innocenter Desfossés, son ancien compagnon de chaîne, soupçonné de l’assassinat d’un rentier. Et Vidocq doit récupérer des lettres compromettantes pour Pauline Borghèse (sœur de Napoléon), interceptées par Fouché. Vidocq découvre que le rentier soi-disant assassiné était un agent de Fouché. Et il retrouve ce rentier vivant ! Conclusion : les lettres se trouvent à la place du corps dans le cercueil. Mais Vidocq est capturé par la bande d’une certaine baronne de Saint-Gély qui, elle aussi, veut s’emparer des lettres…

La Baronne

Les trois crimes de Vidocq :

Vidocq, accusé de l’assassinat de deux étrangers, est incarcéré. Il doit s’évader et retrouver le vrai coupable. Il découvre que les deux étrangers ont fait des versements importants à une œuvre de « bienfaisance ». C’est la baronne qui dirige cette bien étrange société. Et c’est elle qui, avec la complicité de deux policiers véreux, rançonne de riches étrangers et utilise un faux Vidocq pour brouiller les pistes. Le vrai Vidocq se fait alors passer pour un riche étranger. Il ne tarde pas à être arrêté et emprisonné. Et il reçoit la visite du pseudo-Vidocq qui lui offre de le libérer moyennant une forte indemnité…

Les chevaliers de la nuit :

Le coffre-fort de la banque où était déposé le Collier Rose de l’impératrice Joséphine a été éventré, le collier a disparu. Vidocq, arrêté par deux faux policiers et emprisonné à la place du perceur de coffres, doit une fois de plus s’évader. C’est la baronne qui a volé et caché le collier, espérant le vendre aux princes réfugiés à Londres. Mais Vidocq acquiert la conviction que l’agent des Bourbons, qui a voulu s’embarquer pour l’Angleterre, n’a pas encore emporté le collier. Vidocq, lors d’une soirée à la Malmaison où il se fait passer pour un célèbre magicien, tente de faire réapparaître le collier…

Les chauffeurs du nord :

Vidocq doit mettre fin aux « exploits » de bandes de brigands qui pillent et terrorisent toute une région. Pour enquêter dans le village le plus menacé, il prend l’allure d’un jeune homme timide, chasseur de papillons. Il ne tarde pas à découvrir que le soi-disant maire du village n’est autre que le capitaine d’une bande de chauffeurs. La nuit, Vidocq neutralise la jolie Sylvia qui était chargée de le surveiller. S’enduisant le visage de suie, il rejoint les chauffeurs qui partent attaquer une ferme. Il sème parmi eux la confusion et la zizanie. Il se fait passer ensuite pour le capitaine Lenoir, le chef d’une bande rivale…

Échec à Vidocq :

L’empereur a abdiqué, c’est la panique dans les ministères. Savary confie à Vidocq les dossiers de certains émigrés mais Vidocq est assommé et les dossiers sont dérobés. Parti enquêter en Bretagne, Vidocq découvre qu’un aubergiste assassine des émigrés pour le compte d’une organisation qui récupère ainsi leurs biens. C’est la baronne qui dirige cette organisation. L’inspecteur Flambart est logé chez elle, ce qui la rend insoupçonnable. Rentré à Paris, Vidocq doit démasquer un prétendu comte, en réalité un évadé du bagne qui travaille pour la baronne. Il se fait engager chez lui comme cocher…

Les banquiers du crime :

Napoléon a quitté l’île d’Elbe. On ne sait qui va diriger la France : le roi ou l’empereur ? On veut se débarrasser de Vidocq qui a aidé Fouché à s’enfuir. On l’envoie enquêter à Toulon où les bagnards s’entretuent. Vidocq découvre que des bagnards ont confié « leur » argent – l’argent qu’ils ont volé – aux « compagnons du trésor », une société secrète que dirige la baronne. Les forçats qui, à leur sortie du bagne, viennent réclamer leur dû, sont envoyés au fond de l’eau. Vidocq trouve la cachette du « trésor » dans un cimetière mais il est arrêté. Pour s’évader, il se déguise en président de tribunal…

Vidocq et Flambart

Deuxième saison (1973)

La bande à Vidocq :

Pendant les Cent-Jours, de faux billets de banque circulent. Un prétendu faussaire est arrêté et condamné à mort en dépit du témoignage de Vidocq. Et il refuse de s’évader. Vidocq parvient à retarder l’exécution – en faisant « enlever » la guillotine (!) – et s’allie à la pègre parisienne pour retrouver les véritables faussaires. Ce sont les royalistes qui ont remplacé la planche à billets de la Banque de France par une fausse. Vidocq part en Vendée pour récupérer la vraie planche, accompagné de la baronne. Celle-ci a été chargée par Fouché d’introduire Vidocq dans le camp chouan. Mais Vidocq se méfie d’elle : ne va-t-elle pas encore une fois le trahir ?…

Les assassins de l’empereur :

Vidocq et la baronne filent le parfait amour, mais la baronne disparaît soudain. Vidocq est chargé par Fouché de veiller à la protection de Napoléon, contre qui un attentat se trame. Vidocq part vers le nord, là où Napoléon va livrer la bataille décisive. Vidocq est accompagné d’un sosie de l’empereur, champion du lancer de poignard, censé détourner l’attention des assassins. Ce sosie, soi-disant victime d’une tentative d’empoisonnement puis enlevé, se révèle être le conjuré désigné pour assassiner Napoléon. Vidocq sauve la vie de l’empereur puis retourne à Paris pour découvrir l’identité du chef de la conjuration…

Les bijoux du roi :

L’empereur a abdiqué. Fouché, bien décidé à rester ministre, charge Vidocq de ramener à Paris les bijoux du roi. Vidocq part pour la Belgique. Refoulé, menacé de mort, poursuivi, il se réfugie chez la baronne mais elle l’éloigne et essaie une fois de plus de le tuer. Il n’a d’autre ressource que de voler lui-même les joyaux en détournant le fourgon qui les transporte de Gand à Paris. Mais le coffre ne contient que de vulgaires cailloux. C’est la baronne, à qui le roi avait confié la vente des bijoux, qui les a gardés pour elle. Vidocq veut retrouver les bijoux pour les restituer au roi. Mais il est arrêté à Anvers et il va être passé par les armes…

Vidocq et l’archange :

Decazes a remplacé Fouché comme ministre de la police. Vidocq, qui n’est plus chef de la Sûreté, est averti qu’un complot se trame contre le roi : des ultras veulent remplacer Louis XVIII par son frère Charles. Le chef de la conjuration n’est autre que la baronne. Pour arriver à ses fins, elle compte se servir d’un guérisseur à qui un archange apparaît la nuit – un archange qui ressemble fort à… la baronne (!) -. Vidocq, capturé et retenu prisonnier par la baronne, s’échappe et veut tenter d’empêcher l’attentat qui se prépare contre le roi. Mais il tombe entre les mains de l’occupant autrichien qui menace de le fusiller…

Les deux colonels :

Un ancien forçat est assassiné parce qu’il a reconnu, en la personne d’un colonel de l’armée, un bagnard évadé. Vidocq s’infiltre dans l’organisation de ce colonel. Il a affaire à des cambrioleurs mais aussi à des espions : les marchandises volées à Paris sont écoulées à Londres et inversement… mais, le plus souvent, ce sont des papiers confidentiels qui sont volés. Un secrétaire d’ambassade veut interdire à Vidocq de s’occuper de l’affaire. C’est lui le chef du réseau. Quant au soi-disant colonel, on lui a substitué, au bagne de Toulon, le vrai colonel devenu fou. Vidocq va tenter d’opérer la substitution inverse…

L’épingle noire :

Un an après la mort de Napoléon, Vidocq doit faire cesser les duels trop fréquents entre royalistes et bonapartistes. Un chef bonapartiste local venu à Paris apporter de l’argent à ses dirigeants est provoqué et tué dans un duel truqué. Déguisé en homme d’affaires susceptible de financer la cause bonapartiste, Vidocq s’infiltre dans ce réseau qui prépare le retour en France de Napoléon II. Les opposants ignorent qu’en adhérant à ce mouvement, ils se dénoncent eux-mêmes : la baronne, qui dirige un service secret de police politique, n’a plus qu’à les faire arrêter. Vidocq veut les sauver. Mais il est à son tour provoqué en duel…

Vidocq et compagnie :

Le préfet de police, obéissant à la Confrérie des Vigilants, une société secrète dont la baronne fait partie, congédie Vidocq. Celui-ci, avec ses hommes, fonde une papeterie. Ils sont en butte à l’hostilité des gens des environs. Le notaire chargé de la succession d’un riche banquier, est tué par un colis piégé. Le cadavre d’un des clercs du notaire, vitriolé, est trouvé près de la papeterie. Vidocq, soupçonné, découvre que les cadavres sont en réalité ceux de mendiants, volés à la morgue. Le notaire et ses deux clercs, bien vivants, ne sont autres que les grands maîtres de la Confrérie à qui le banquier assassiné a légué sa fortune…

DVD

le DVD des nouvelles aventures de Vidocq

Un coffret de 4 DVD (durée : 720 minutes), édité par l’INA, est paru le 5 novembre 2013. (https://boutique.ina.fr/dvd/PDTINA001859)

Le personnage de Vidocq

Il y a en effet beaucoup à dire sur Vidocq.

Eugène-François Vidocq, né 1775, mort à Paris en 1857. Vidocq était un aventurier, successivement délinquant, bagnard, indicateur puis policier et enfin vers la fin de sa vie détective privé, inventeur, conférencier et bien d’autres choses.

Forçat évadé du bagne, il devient chef de l’officieuse « brigade de sûreté » de la préfecture de police de Paris, puis fonde une agence qui ressemble fortement à ce qu’on l’on connait aujourd’hui comme agence de détectives privés.

La série TV des nouvelles aventures de Vidocq semble se concentrer sur les années 1811-1822.

Vidocq est presque devenu un personnage légendaire de son vivant, et par la suite très vite une source d’inspiration pour des auteurs de fictions au 19ème siècle (Balzac, Hugo, par exemple). Mais on peut également se rendre compte que ce personnage d’ancien criminel, spécialiste de l’évasion, du déguisement qui devient ensuite policier se retrouve aussi un peu dans Artemus Gordon (les mystères de l’Ouest), dans Templeton Peck (Agence Tout Risques) ou même dans Arsène Lupin…

Par Iso

Tenancier et créateur de scriiipt.com
Rôliste de très longue date et amateur de fantastique.
Rien à ajouter.