La Servante Écarlate – De peur la réalité nous rattrape

La Servante écarlate (The Handmaid’s Tale) est une série télévisée américaine créée par Bruce Miller adaptée l’adaptation du roman du même nom écrit par Margaret Atwood en 1985.

Le résumé (de la série TV)

Dans un proche futur, la combinaison de pollutions environnementales et de maladies sexuellement transmissibles a entraîné une baisse dramatique de la fécondité qui a pour conséquence un taux de natalité extrêmement bas. Les « Fils de Jacob », une secte politico-religieuse protestante de type restaurationniste et aux accents fondamentalistes, en a profité pour prendre le pouvoir, détruisant la Maison-Blanche, la Cour Suprême et le Congrès lors d’un coup d’État.

Dans cette version dystopique et totalitaire des États-Unis, la République de Gilead, les dissidents, les homosexuels et les prêtres catholiques sont condamnés à mort par pendaison.

Les relations hommes/femmes obéissent dorénavant à des règles très strictes. Alors que les hommes occupent toutes les positions du pouvoir, les femmes ont été démises de leur statut de citoyennes à part entière. Elles ne peuvent ni travailler, ni posséder d’argent, ni être propriétaires, ni lire. Elles sont catégorisées selon leur fonction : les Épouses (habillées en bleu) sont les femmes des dirigeants, les Marthas (en gris) s’occupent de la maisonnée et les Servantes (en rouge pourpre) sont uniquement dédiées à la reproduction, sous la surveillance rigide des Tantes (en marron). Les Servantes sont affectées au sein des familles dirigeantes, jusqu’à ce qu’elles mettent au monde les enfants tant désirés.

La série suit le parcours de June, une femme devenue servante sous le nom de « Offred » (DeFred) (car au service du commandant Fred Waterford).

La série s’inspire donc du roman de Margaret Atwood

Ce roman décrit un futur dystopique, peut-être proche (il a été écrit en 1985), où la religion domine la politique dans une coalition totalitaire et où les femmes sont considérées comme « en voie de disparition ».

Elles sont divisées en trois classes : les Épouses, les Marthas et enfin les Servantes écarlates dont le rôle est la reproduction. Toutes les autres femmes (trop âgées, infertiles, etc.) sont déportées dans les Colonies où elles manipulent des déchets toxiques.

Dans ce futur, le taux de natalité est très bas à cause de la pollution et des déchets toxiques de l’atmosphère. Les rares nouveau-nés sont souvent « inaptes ». L’héroïne du roman, June, rebaptisée Defred (ou Offred), est une Servante écarlate. Elle ne peut pas séduire, son rôle est la reproduction. Elle raconte peu à peu son histoire, se remémore sa famille, Luke, sa fille, Moira, sa mère… Son unique raison de vivre, ce à quoi elle se raccroche pour ne pas sombrer, ce sont ses souvenirs.

Le roman n’est pas des plus aisé à lire, certes, mais il fait partie de ces classiques dystopiques comme « 1984 »ou « le meilleur des mondes », qu’il faut avoir lu. Et si vous craquez avant la fin, il y a la série TV…

Ou même le film de Volker Schlöndorff – La Servante écarlate.

Bref…

Roman et série forment une solide base pour un jeu de rôle… loin d’être drôle

Si en 1985, ce roman pouvait passer pour de la science-fiction, de nos jours il frôle dangereusement la réalité. D’ailleurs, Margaret Atwood n’a rien inventé, la société qu’elle décrit est une sorte de « compilation » de choses réelles, présentes ou passées.

En faire un jeu de rôle peut se révéler terriblement anxiogène, surtout qu’il n’y a pas une once d’humour ou de second degré là-dedans. Si au moment où vous lisez ces lignes, vous n’avez lu ni le roman ni vu la série, le résumé doit vous suffire pour orienter un peu votre histoire.

Les personnages joueurs ?

La logique voudrait que, comme dans le magnifique jeu dystopique (mais drôle) Paranoïa, les PJs soient dans les classes les plus en danger : des femmes dont l’utérus fonctionne, des homosexuels, des catholiques, des dissidents politiques, etc…

Peu d’échappatoire, on se prend à rêver d’une résistance organisée, pour avoir au moins une chance, au moins de franchir la frontière… Renverser le gouvernement ? Faut pas rêver… la situation semble convenir à trop de monde, et le souvenir de la liberté et déjà loin.

Si vous avez joué régulièrement à l’Appel de Cthulhu, ce genre d’ambiance pourrait vous rappeler des souvenirs, sauf que dans « La Servante écarlate », il n’y a que des humains, et de la folie bien humaine…

Sujet délicat à manier autour d’une table de jeu de rôle, à faire avec une équipe qui souhaite explorer autre chose que des donjons.

2 réponses sur “La Servante Écarlate – De peur la réalité nous rattrape”

Les commentaires sont fermés.