Pierre Rosenthal est décédé dans la nuit du 4 novembre 2026, à l’hôpital Pompidou, à Paris. Son neveu Alexandre l’a annoncé sur la page Facebook de Pierre : il s’est éteint paisiblement, entouré de sa famille.

Parmi toutes les mauvaises nouvelles qu’on ne veut pas recevoir, il y a celle-là : perdre quelqu’un qu’on apprécie. On n’a pas fait partie de celles et ceux qui ont eu la chance de le croiser en convention ou ailleurs. Mais on avait échangé avec lui par mail et sur les réseaux sociaux, Facebook surtout, et c’était toujours un plaisir. On le connaissait d’abord de nom, comme tout le monde dans le milieu, puis par les passions qu’il partageait avec joie en ligne. La musique en premier, mais pas seulement.

On n’avait vraiment pas envie d’écrire un texte comme ça aujourd’hui. Mais c’est important de lui rendre hommage.

Un parcours rôliste

Pierre Rosenthal débute à la fin des années 1970 comme chroniqueur de science-fiction pour Métal hurlant. C’est dans ce même magazine qu’il découvre l’existence de Donjons et Dragons en 1976, avant d’y jouer pour la première fois en 1981, pendant ses études d’ingénieur à Caen. En 1984, il propose un scénario à Casus Belli : c’est le début d’une collaboration qui le mène au poste de rédacteur en chef adjoint, puis à la direction de plusieurs numéros hors-série.

En 1986, il crée SimulacreS, d’abord édité à compte d’auteur, puis dans un livret promotionnel de la BD Le Roi borgne (Arno et Jodorowsky), puis dans Casus Belli. C’est un des jeux auxquels on revient régulièrement chez scriiipt. Suivent Athanor, la terre des mille mondes en 1989, puis Capitaine Vaudou.

Il écrit aussi quatre livres-jeux entre 1987 et 1988, dont Le Prisonnier dans la collection « Histoires à jouer », et des aventures interactives pour Bob Morane Magazine. On lui doit en 1983 l’adaptation française du jeu vidéo Exodus: Ultima III. Il traduit ensuite Magic : L’Assemblée de 1994 à 2001, passe par Ubisoft (où il est MJ sur Everquest, qu’il aide aussi à traduire et à débugger), puis rejoint l’équipe web et marketing de Blizzard Entertainment Europe, de 2004 à 2021. Il a aussi relu une partie de la traduction française de World of Warcraft pour sa sortie.

Le mot « rôliste »

C’est lui qui a inventé le terme « rôliste », au début des années 1990. Il l’a déposé à l’INPI en 1999, non pas pour se l’approprier mais pour que personne ne puisse en faire un usage commercial exclusif, tout en autorisant chacun·e à l’utiliser librement. Le mot qu’on emploie tous les jours pour se désigner, ici comme ailleurs, vient de lui. Y’a pas beaucoup de gens dont on peut dire ça.

ON SE SENT SEULS

On se sent bien seul·es. Pierre laisse beaucoup de choses qu’on va continuer à faire vivre et à faire briller, avec un pincement au cœur. Son œuvre se poursuivra encore longtemps, et pour plusieurs générations de rôlistes, il a compté.

Pour continuer encore

Auteur/autrice

  • Le collectif scriiipt

    Scriiipt, c’est bien plus qu’un simple site web : c’est un collectif geek passionné, rassemblé autour de scriiipt.com, un espace incontournable pour les amateurs de culture rôliste, d’imaginaire foisonnant et de créations en tout genre. Ce collectif est animé par l’envie de partager, d’explorer, et de transmettre l’amour du jeu de rôle sous toutes ses formes, tout en ouvrant une porte sur des univers fantastiques, des récits captivants, et des sources d’inspiration infinies. Que vous soyez joueur expérimenté, conteur en quête d’idées, ou simple curieux, scriiipt.com est là pour tous, avec une dose de créativité et de fun à chaque détour.



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