Il y en a eu d’autres. Des idées qui semblaient raisonnables au départ et qui se sont révélées chronophages, bancales, ou simplement inutiles. Celle-là, je le sais déjà, appartient à la même famille. Lancer un nouveau site quand on a déjà du mal à alimenter celui-là correctement, c’est objectivement une décision discutable. Et pourtant.
Le truc, c’est que scriiipt.com a une forme. Une ligne. Des rubriques qui ont leur logique, un lectorat qui s’y retrouve, des habitudes éditoriales qu’on a mis du temps à construire. C’est bien. C’est aussi, parfois, un peu contraignant. Certains textes n’y ont pas vraiment leur place, pas parce qu’ils sont mauvais, mais parce qu’ils tirent dans une direction que le site n’est pas censé prendre. Des textes décalés. Des notes de travail qui ressemblent à des articles sans vraiment en être. Des trucs qui ont un rapport avec le jeu de rôle, mais un rapport lointain, oblique, parfois franchement tiré par les cheveux.
Ces textes finissaient dans un tiroir. Ou dans les rubriques « correspondance secrète » et « underground » du site, qui ont toujours fonctionné un peu comme une zone franche : moins de rigueur formelle, plus de liberté de ton, la permission tacite de ne pas tout expliquer. C’est de là que vient l’idée.
Généalogie d’un projet flou
secret.scriiipt.com, c’est d’abord une descendance directe de ces deux rubriques. On récupère les anciens textes, on les rassemble, on y ajoute d’autres choses qui n’auraient pas eu de place ailleurs. Mais l’idée va un peu plus loin que le simple archivage.

Le site ne sera pas référencé. Pas privé, pas verrouillé derrière un mot de passe, mais clairement absent des résultats de recherche. Volontairement invisible pour quiconque ne sait pas déjà qu’il existe. C’est une décision qui peut sembler absurde à l’heure où chaque publication en ligne cherche à maximiser sa visibilité, son audience, son trafic. Ici, c’est exactement l’inverse : on s’adresse à quarante ou cinquante personnes qui suivent déjà le truc, et on s’en contente très bien.
Cette contrainte change quelque chose, en réalité. Écrire pour un public qu’on connaît à peu près, dont on devine les références et les tolérances, libère d’un certain nombre de précautions. On n’a pas à contextualiser pour des inconnus. On n’a pas à lisser les angles trop abrupts. On peut supposer que le lecteur sait de quoi on parle, ou qu’il accepte de ne pas savoir.
Ce que ce sera, probablement…
Difficile à dire avec précision. C’est un peu le principe. Il y aura des textes qui ont un rapport avec le jeu de rôle, et d’autres qui n’en ont qu’un rapport très indirect. Des notes. Des fragments. Des trucs expérimentaux dans la forme, ce qui signifie concrètement qu’on ne sait pas toujours ce qu’on fait quand on commence à écrire, et que c’est à peu près l’objectif.
Il y aura sans doute des sujets très décalés. Des curiosités culturelles qui ne justifient pas un article complet sur scriiipt.com mais qui méritent quand même d’exister quelque part. Des pistes qui n’aboutissent pas forcément. Des textes courts, des textes longs, des textes qui changent de registre en cours de route.
Ce ne sera pas très ordonné. Ce n’est pas un défaut de conception, c’est à peu près l’intention de départ. Un bouillon d’idées, dans le sens le plus littéral du terme : quelque chose qui chauffe sans qu’on sache encore très bien ce qu’on en fera.
Pas si con, finalement
La question mérite d’être posée sérieusement, parce que l’idée a au moins un défaut évident : ça fait un endroit de plus à alimenter. Mais elle a aussi quelques avantages concrets.
D’abord, ça protège scriiipt.com d’une certaine dérive. Les textes qui auraient fini par déformer la ligne éditoriale du site principal ont maintenant un endroit où aller sans causer de dommages. C’est un peu la logique du laboratoire : on expérimente ailleurs pour ne pas mettre en danger ce qui fonctionne.
Ensuite, l’absence de référencement n’est pas qu’un caprice esthétique. Un site invisible n’a pas à se justifier devant un algorithme. Il n’a pas à formater ses titres, à soigner ses métadonnées, à publier régulièrement pour maintenir sa position dans des résultats de recherche qu’il ne vise pas. C’est une forme de liberté très concrète, même si elle ressemble à du renoncement vue de l’extérieur.
Et puis, quarante à cinquante lecteurs qui savent ce qu’ils cherchent, c’est une audience suffisante pour que quelque chose existe vraiment. Peut-être même une audience idéale pour ce type de projet.
La suite
Il n’y a pas vraiment de plan. Le site existe, il est là, il attend qu’on y mette des choses. Ce sera fait au rythme habituel, c’est-à-dire de façon irrégulière et selon les humeurs. Les anciens textes des rubriques « correspondance secrète » et « underground » seront progressivement intégrés. D’autres textes arriveront, sans calendrier précis.
Si tu lis ces lignes, c’est que tu fais partie des quarante ou cinquante personnes concernées. Tu sais déjà où aller.


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