Au début des années 90, quand Nephilim le jeu de rôle est sorti et qu’internet commençait tout juste à permettre aux rôlistes de se retrouver, il y avait une créativité un peu débridée qui circulait.

Autant sur les forums que sur les premiers sites persos (et peut-être aussi les premières mailing-lists, je m’en souviens plus tellement). On voyait des multitudes de créations de métamorphes personnalisés.

Je me souviens particulièrement que je voyais passer souvent des Nephilim de la Lune qui n’avaient plus grand-chose à voir avec les Ophidiens du livre de base. C’était souvent cool, parfois très cool, mais ça correspondait pas d’après moi.

À la même époque, j’avais été soufflé (et j’étais loin d’être le seul) par The Crow de Proyas. Ce film avait quelque chose d’irrésistible pour un rôliste, ce personnage qui revient des morts porté par un corbeau, cette esthétique sombre et poétique.

Alors, ouaip, c’était bien trop tentant d’en faire un métamorphe. J’ai essayé plusieurs fois. Je n’ai jamais mené ça au bout parce que quelque chose clochait toujours. Le résultat restait trop collé au film, trop Lune, voire carrément un Selenim, soit juste trop collé à l’esthétique du film et pas assez ancré dans la mécanique de Nephilim.

J’ai retrouvé une aide de jeu signée de Franck Plasse il me semble où le Corbeau et sa symbolique sont évoqués, mais pas en tant que metamorphe.

Comme vous voyez il y a de quoi faire. Et ce n’est qu’un élément subtil de ce que l’on peut faire avec le symbole du Corbeau.

Vision Ka n°5 propose quand même un truc assez fun sur les Zoomorphes, une autre très bonne idée à explorer (cliquez pour télécharger)

Poursuivant mes recherches et quêtes, au final, ce qui m’a débloqué, c’est de m’éloigner du film juste ce qu’il fallait. De revenir à ce que le corbeau est vraiment dans la symbolique, pas l’oiseau de mauvais augure de l’imagerie gothique, mais plutôt le messager d’Odin, l’oiseau d’Apollon, le psychopompe des traditions nordiques et celtiques.

Un être de sagesse, de prévoyance, de fidélité. Quelqu’un qui traverse les frontières entre les vivants et les morts (ou le rêve et la réalité) parce que c’est sa fonction depuis toujours.

À partir de là, le Corbeau s’est naturellement raccroché à l’Air plutôt qu’à la Lune. En gros, c’est une variation de l’Ange en plus archaïque, plus sombre dans ses manifestations physiques, mais fondamentalement le même territoire : la transmission, le message, l’élévation vers quelque chose qui dépasse le Simulacre.

Les métamorphoses se sont construites en miroir de l’Ange, degré par degré, en version plus froide et plus nocturne. Les ailes noires au dixième degré répondent aux ailes inutilisables de l’Ange. La peau bleutée, presque noire, répond à la peau de marbre.

Même si franchement, on pourrait tout à fait pencher vers une métamorphose façon Eric Draven dans The Crow. La peau pâle, les cheveux noirs. Ce qui m’importe, c’est qu’il soit jouable.

Un Corbeau en jeu, c’est quelqu’un qui tend vers un savoir, une sagesse : il sait des choses avant les autres, il a servi de grands hommes et en garde des souvenirs fragmentaires et amers.

Quelqu’un qui se met au service d’une cause ou d’un individu avec une fidélité absolue. Et un peu comme la Cassandre mythique, il voit ses avertissements ignorés. C’est un personnage de conseil et de passage, pas un personnage de combat ou de séduction.

L’ange un peu goth, finalement, c’est exactement ça.

Bon, oui… ok… Mais c’est super galère de trouver une image qui colle vraiment.


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