Un brin de nostalgie pour la 3ème édition de RuneQuest (Oriflam)

S’il y a bien un jeu et un univers que j’adore c’est RuneQuest, et surtout l’édition Oriflam de RuneQuest dont j’ai acheté au début des années 90 la première impression (sous forme de boite).

RuneQuest

RuneQuest : Une passion intemporelle

S’il y a bien un jeu et un univers que j’adore, c’est RuneQuest, et plus particulièrement l’édition Oriflam de RuneQuest. J’ai acheté, au début des années 90, la première impression sous forme de boîte, et depuis, cette version occupe une place spéciale dans ma ludothèque. Cette édition, qui traduisait et adaptait la troisième édition américaine d’Avalon Hill, a su imposer sa patte et marquer une génération de rôlistes francophones (dont je fais partie).

Un brin de nostalgie pour la 3ème édition de RuneQuest (Oriflam)

Avec le temps, ma collection s’est agrandie, accumulant un nombre impressionnant de suppléments. Mes deux premiers ont été « Les Dieux de Glorantha » et « Genertela ». Bien qu’ils aient leurs défauts, ils restent des ouvrages fondamentaux pour comprendre et explorer Glorantha. Ces livres, véritablement encyclopédiques, regorgent d’informations détaillées sur les panthéons, les mythes et les civilisations de ce monde foisonnant.

Des heures de jeu inoubliables

Un brin de nostalgie pour la 3ème édition de RuneQuest (Oriflam)

Avec ces ouvrages et les premiers magazines Tatou, il y en a eu des heures et des heures de jeu… Ces parties, souvent improvisées, nous ont permis d’explorer l’immensité de Glorantha, de découvrir ses cultures, ses divinités et ses conflits épiques. Les sessions de jeu devenaient souvent de véritables épopées, où les personnages n’étaient pas de simples aventuriers mercenaires mais des figures impliquées dans les luttes politiques et religieuses de leur époque.

Le niveau de détail de Glorantha permettait des intrigues complexes et des scénarios profonds, bien au-delà de la simple chasse au trésor ou du combat contre des monstres. Le rôle des runes, la dynamique entre les cultes, et les innombrables conflits entre cités et tribus ajoutaient une profondeur inégalée au jeu.

En photo ci-dessous, une partie de ma collection accumulée au fil des ans, témoignage d’une passion qui n’a pas faibli au fil du temps (bien au contraire). Chaque supplément, chaque carte ajoutait une nouvelle dimension à l’univers du jeu, offrant encore plus de possibilités de récits et d’exploration.

Collection RuneQuest le jeu de rôle

Pourquoi cela m’a semblé si bien ?

Un système de jeu exigeant mais captivant

En premier lieu, ce qui m’a séduit, c’est son système de règles d100 (BRP).

Bien que considéré comme lourd par certains, je le trouve d’une grande intuitivité. Son approche basée sur les pourcentages facilite la compréhension des actions et leurs chances de réussite. Les combats, souvent perçus comme complexes, deviennent fluides une fois certaines règles assimilées. Le système Attaque vs Parade, en particulier, est extrêmement pratique, offrant un aspect tactique sans tomber dans l’excessif. L’ajout des Rangs d’action et la gestion du temps de combat permettent aussi une plus grande variété de stratégies.

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Attention cependant : RuneQuest est un jeu mortel ! Les points de vie localisés signifient qu’une blessure grave peut avoir des conséquences irréversibles. Les amputations et les blessures incapacitantes sont monnaie courante, rendant chaque combat intense et stratégique. Un personnage peut être un héros, mais il n’est jamais invincible. Ce réalisme rend chaque affrontement palpitant et donne une véritable importance aux choix tactiques et à la gestion des risques.

Un brin de nostalgie pour la 3ème édition de RuneQuest (Oriflam)
Dans le livre des Règles la fiche de personnage en exemple de Cormac un picte… et notez également une erreur sur cette fiche : Dans cette version des règles de Runequest, il n’y a pas de Charisme, mais à la place, c’est l’Apparance. Hors sur la fiche de personnage, la caractéristique c’est CHA (pour charisme) qui est inscrite.

Ce système offre une liberté rare : il ne contraint pas les personnages à un modèle rigide de classe/race/niveau. On peut créer des personnages uniques, sans se sentir enfermé dans un carcan pré-établi. Cette souplesse permet de bâtir des protagonistes véritablement originaux, avec une progression plus naturelle et une vraie sensation de maîtrise des compétences.

Conan le Barbare

Quand j’ai découvert RuneQuest, avec la bande de potes nous étions fascinés par Conan le Barbare de John Milius. Et force est de constater que RuneQuest colle parfaitement à cette esthétique brutale et épique, où les destins se forgent à la pointe de l’épée. Les récits de guerriers rudes, de tribus en guerre et de batailles désespérées trouvent un écho naturel dans cet univers et ses mécaniques de jeu.

Glorantha : Un univers unique et captivant

Mais RuneQuest, c’est aussi (et surtout) Glorantha. Cet univers mythologique, créé par Greg Stafford, se distingue des autres mondes de fantasy par son inspiration très marquée par l’Antiquité plutôt que par le Moyen Âge européen.

Un brin de nostalgie pour la 3ème édition de RuneQuest (Oriflam)

« Contrairement à la plupart des contextes merveilleux, Glorantha tire son inspiration de l’ancien monde. Il a bien plus à voir avec Babylone, la Grèce antique, la Chine antique, Hybrid et Lankhmar qu’avec l’Europe médiévale, Le Morte d’Arthur ou la Guerre de cent ans. Ses héros sont Achille, Conan, Gilgamesh et Rostum, pas Galahad, Lancelot ni Roland. »

— Greg Stafford, Welcome to My World…

Cette singularité est ce qui fait la richesse de Glorantha, mais c’est aussi ce qui peut parfois rebuter. Son niveau de détail, son histoire foisonnante, ses multiples cultures et divinités peuvent donner l’impression d’un cadre rigide, où l’improvisation et la création personnelle seraient difficiles. Mais c’est aussi ce qui en fait un cadre de jeu exceptionnel, à la fois cohérent et ouvert à de nombreuses interprétations.

De plus, si l’univers de Greg Stafford n’a rien à voir avec Tolkien, il manque parfois de repères graphiques clairs. Il n’est pas toujours aisé de visualiser les paysages gloranthiens ou les peuples qui les habitent en dehors des publications officielles.

Un brin de nostalgie pour la 3ème édition de RuneQuest (Oriflam)

Heureusement, les illustrations de Guillaume Sorel et Alain Gassner ont su marquer les esprits et poser certaines bases visuelles. Leur style distinctif a aidé à donner une identité forte à Glorantha dans l’imaginaire des joueurs.

Un brin de nostalgie pour la 3ème édition de RuneQuest (Oriflam)
Un brin de nostalgie pour la 3ème édition de RuneQuest (Oriflam)

Sans oublier les cartographies, dont la qualité continue d’impressionner des années après. Certaines d’entre elles sont devenues emblématiques, offrant une immersion supplémentaire pour les meneurs de jeu et les joueurs désireux de mieux comprendre la géographie mouvante et mythologique de ce monde fascinant.

Un brin de nostalgie pour la 3ème édition de RuneQuest (Oriflam)

Une communauté toujours active

Un clin d’œil à Pierrick Auger, dont les articles sur Sartar m’ont replongé dans la nostalgie sur son blog Figurines et Jeux de Rôles, ainsi qu’à Glob77 sur Le jeu de rôle Vintage. Ces auteurs et passionnés continuent de faire vivre RuneQuest au sein de la communauté francophone, transmettant leur enthousiasme et leurs connaissances à de nouvelles générations de rôlistes.

RuneQuest, en somme, c’est une alchimie unique entre règles immersives, tactiques et impitoyables, et un univers riche, fascinant et exigeant. Une perle du jeu de rôle qui mérite amplement qu’on s’y replonge encore et encore. Et avec les rééditions récentes et l’intérêt toujours vivace pour Glorantha, il est évident que cet univers et ce système ont encore de nombreuses aventures à offrir aux joueurs d’aujourd’hui.



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