Utiliser les illustrations de Rafael Gallur en partie sans faire n’importe quoi ?

Utiliser Gallur en jeu de rôle, c’est marcher sur une ligne fine. Son pulp est spectaculaire, excessif, sexualisé. On ne l’emploie pas naïvement ni en initiation. On en extrait l’énergie, la tension, le sens du face-à-face dramatique, avec recul, second degré et maturité autour de la table.

Soyons francs deux minutes : utiliser directement une illustration de Rafael Gallur comme visuel de partie, c’est un terrain miné. Ce n’est pas neutre. Ce n’est pas “universel”. Et ce n’est certainement pas la bonne idée pour une initiation familiale au jeu de rôle un dimanche après-midi.

Et on vous dit comment c’est galère de choisir des images pour illustrer l’article ici sans tomber sur un décolleté trop plongeant (spoiler : franchement c’est pas possible parfois).

Utiliser les illustrations de Rafael Gallur en partie sans faire n’importe quoi ?

Ses images sont chargées. Chargées d’excès, de fantasmes, de muscles, de poitrines, d’éclairs, de poses héroïques qui défient la gravité et parfois l’anatomie. Si on les projette telles quelles sur la table en mode “regardez comme c’est cool”, on risque surtout d’obtenir un silence un peu gêné ou un rire nerveux.

Utiliser les illustrations de Rafael Gallur en partie sans faire n’importe quoi ?

La première règle, c’est d’annoncer la couleur. On joue pulp. Pas du réalisme psychologique. Pas de la fantasy introspective. Du pulp. Du grand spectacle. Du théâtre graphique. Si tout le monde autour de la table est d’accord pour ça, on part déjà sur de meilleures bases.

Ensuite, il faut comprendre que ce qu’on utilise chez Gallur, ce n’est pas le décolleté, c’est l’énergie. L’instant suspendu juste avant que tout explose. Le monstre surgit, le héros est en mauvaise posture, la ville brûle derrière eux. C’est du storyboard, pas un catalogue de poses.

Utiliser les illustrations de Rafael Gallur en partie sans faire n’importe quoi ?

On peut très bien prendre une illustration où une guerrière affronte un démon géant et décider que ce qui nous intéresse, ce n’est pas son bikini d’acier mais la situation. Pourquoi est-elle là ? Qui a invoqué la créature ? Qu’est-ce qu’elle risque de perdre ? En deux questions, on quitte le cliché pour entrer dans le scénario.

Utiliser les illustrations de Rafael Gallur en partie sans faire n’importe quoi ?

Évidemment, ça demande un peu de maturité. Si on joue la scène au premier degré façon “regardez comme c’est sexy et badass”, on retombe dans la couverture de kiosque des années 70. Si on assume le côté série B, si on joue avec les codes, si on accepte une pointe d’ironie, ça change tout. On peut rendre hommage sans reproduire naïvement.

Utiliser les illustrations de Rafael Gallur en partie sans faire n’importe quoi ?

Et puis, parfois, il faut savoir ne pas utiliser l’image. Oui, c’est dur. Oui, elle est spectaculaire. Oui, Predator qui affronte un luchador sous un ciel rouge, ça donne envie. Mais si ça ne sert pas ton histoire ou si ça met mal à l’aise un joueur ou une joueuse, tu passes à autre chose. Le pulp n’est pas une religion.

Utiliser les illustrations de Rafael Gallur en partie sans faire n’importe quoi ?

La vérité, c’est que Gallur fonctionne très bien comme carburant créatif, à condition de ne pas le confondre avec un mode d’emploi. On peut garder la tension, l’outrance, la verticalité dramatique, sans forcément importer tous les clichés qui vont avec.

Utiliser les illustrations de Rafael Gallur en partie sans faire n’importe quoi ?

En clair : on joue avec le feu, mais on sait qu’on joue avec le feu. Et c’est peut-être ça, au fond, l’esprit pulp bien compris.

Et pour en savoir plus ?

C’est par ici : https://scriiiptwebzine.tumblr.com/post/808613238976708608/rafael-gallur-pulp-sans-filtre


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