Non merci, mais je n’ai pas d’imagination !

Il vous est peut-être déjà arrivé de proposer à une connaissance de participer à un jeu de rôle (JDR) et il vous répond “Non, je n’ai pas d’imagination” !

Non merci

Il se pourrait que la phrase “je n’ai pas d’imagination” laisse croire que la personne qui dit ça a une petite idée de ce que pourrait être le JDR vu de l’extérieur, et qu’elle mette d’emblée des barrières pour non seulement ne pas avoir à y jouer cette fois, mais aussi et surtout ne plus avoir à répondre à l’invitation.

En effet en répondant “Je n’ai pas d’imagination” cela revient à dire “ ce n’est pas pour moi, j’y arriverai jamais”.

Mais qui parle d’imagination ici ?

Par expérience celles-ceux qui s’engagent dans cette excuse on une vision du JDR liée à des jeux plutôt de type fantastique (fantasy ou Science-Fiction).

Les JDR les plus connus sont liés à des univers de fiction comme “le seigneur des anneaux” ou “star wars”. Si on est hermétique à ce genre, autant dire qu’on n’adhère pas non plus au jeu qui s’en inspire. Donc si la crainte du profane est de devoir jouer dans un environnement qui ne l’intéresse pas, c’est sûr qu’il ne va pas y aller avec plaisir.

Bon à savoir : le JDR ce n’est pas que du fantastique !

Non il n’y a pas que Lovecraft et Tolkien ou Lucas qui sont sources de JDR.
On peut tout à fait proposer un jeu historique sans fantastique. Ou un JDR contemporain “policier” ou “d’espionnage”. Et pour ce dernier inutile non plus de verser dans le James-Bond-tout-plein-de-gadgets. On peut faire dans le simple et le “réaliste”.

Faire dans le film ou scénar d’action sans pour autant faire de la science – fiction. Cela n’enlève absolument rien au plaisir du JDR.

Imagination pas besoin

c’est probablement par manque de connaissances des règles du JDR que quelqu’un pourrait croire qu’il lui faille de l’imagination pour jouer.

Quand on est joueur on ne nous demande pas d’inventer l’univers du jeu, seulement d’avoir des réactions “logiques” en fonction de la problématique à laquelle on vous confronte.

Alors oui, il faut une certaine capacité d’abstraction pour visualiser ce que le Meneur de jeu (MJ) dit. Mais c’est un peu comme dans la vie de tous les jours (rappel : il n’est pas obligatoire de jouer dans du fantastique).

Tu vois un ours te foncer dessus tu fais quoi ?

La réponse ne demande pas d’avoir de l’imagination au sens créatif du terme. Mais juste de la logique ou une certaine logique (et c’est là que parfois on est surpris).

C’est dans le même ordre d’idées que le “Et vous vous auriez fait quoi ?”
Tout le monde a de l’imagination. La preuve tout le monde a peur : il y a un nombre assez conséquent de trucphobes qui s’imaginent tout un tas de trucs horribles qui pourraient leur arriver mais finalement sans aucun fondement réel autre que la peur.

Trauma dans Chroniques d'Outre Monde
Trauma, un jeu de rôle complet de Dominique Granger et Frédéric Leygonie paru dans le magazine « Chroniques d’Outre Monde » – plus exactement dans le n°1 d’octobre 1986

A noter que le JDR trauma (des années 80-90) avait un concept assez original à son départ : il proposait de se jouer soi-même, donc forcément on est pas dans le fantastique.

Trauma
Trauma : Le premier scénar proposait de se jouer soi-même (si on voulait !) Le jeu n’était pas recommandé pour l’initiation car : »parce que s’y investir pleinement consiste à jouer un personnage vraiment unique : vous-même, avec toutes les restrictions mais aussi toutes les satisfactions que cela apporte.

Bon, il y a débat : “Pourquoi pas jouer une autre version de soi-même dans d’autres circonstances”. Trauma, par la suite c’est devenu un JDR d’aventures tout à fait classique, avec des héros des temps modernes (enfin des années 90), et toujours sans fantastique. Et notez également que Game-fu (ex Pulp Fever) va proposer très bientôt une nouvelle édition de Trauma.

Des jeux de rôle contemporains sans fantastique ?

D’accord, on joue maintenant… maintenant étant un terme plus précis que contemporain (L’Histoire Contemporaine allant de la Révolution Française à nos jours).

Parmi les JDR les plus connus, il y a l’Appel de Cthulhu, dont les règles « simples » et intuitives permettent facilement de simuler n’importe quelle aventure dans le monde contemporain. Et il n’y a qu’a gommer toute référence au Mythe de Cthulhu et au fantastique pour faire du classique « Aventure » ou tout autre genre…

Accompagné de son inséparable partenaire Al Giordino et du docteur Eva Rojas, une femme médecin, Dirk Pitt se lance dans une chasse au trésor qui va les conduire dans les régions les plus reculées d’Afrique, sur les traces d’un navire mystérieusement disparu avec sa cargaison secrète…

Les grands genres ou styles : Policier, Espionnage, Aventure, Guerre,… Tout cela se pouvant s’associer au grand genre de l’Action ou du Thriller. Avec plus ou moins de suspense, plus ou moins d’action violente ou psychologique. Et aussi plus ou moins de réalisme.

En effet, il y a une différence notable entre les films d’espionnage « réalistes », comme « Agents secrets » ou « Espion(s) » s’inspirant directement d’affaires réelles et les plus fantaisistes façon « James Bond » ou « Mission Impossible » qui sont avant tout des films d’Action.

Les jeux de rôle relevant du thème contemporain ne sont pas très nombreux ni tous très récents, le site du GROG n’en recense pas beaucoup finalement : http://www.legrog.org/themes/contemporain, mais cela doit vous donner quelques pistes intéressantes, y compris dans les jeux amateurs (gratuits).

Ce qu’il faut retenir :

  • Ne pas avoir d’imagination n’est qu’une fausse excuse.
  • On peut faire des jeux de rôle avec des thèmes très variés et réalistes.
  • L’Imagination ça se développe !

 

4 réponses sur “Non merci, mais je n’ai pas d’imagination !”

  1. Un scénario dans un style Benjamin Gates peut en effet être facilement approprié par des joueurs réfractaires sur cet aspect imagination.
    Ou de l’horreur pour un survival.
    Mais il est vrai que je trouve personnellement que faire du réaliste est toujours plus difficile. Plus de contraintes à gérer, le scénario va davantage dans les détails, et plus facile pour les joueurs de relever ce qui est illogique.

  2. Oui on peut rencontrer pas mal de difficultés quand on veut jouer du contemporain. En tant que MJ se demander jusqu’où on peut aller, parce que dans un univers med-fan imaginaire on peut tout se permettre personne ne viendra dire : »j’y suis allé c’est pas comme ça  » ou  »mais non, ça ne se peut pas ».
    Même sur un jeu contemporain il faut accepter qu’il s’agit d’une fiction et donc qu’à un moment on fini par s’écarter plus ou moins fortement de la réalité historique que l’on vit. Exemple :  »Anges et Demons » de Dan Brown ou  »La chute de la Maison Blanche »ou encore  »L’Aube Rouge ».

  3. Salut Iso ! Merci pour la citation de mon article (juste une coquille à corriger, c’est AUX portes de l’imaginaire et pas LES 😉 ).

    Le gros regret, c’est l’absence dans l’offre de jeux permettant de jouer du policier, de l’espionnage (il y avait James Bond autrefois qui le faisait très bien), … voire de l’historique tout court.

    Il y a aussi un podcast de radio-roliste sur le sujet : http://www.radio-roliste.net/?p=1400 que je conseille vivement.

    Sinon, sur Aux Portes de l’Imaginaire, je compte allez un peu plus loin sur le sujet du jeu de rôle réaliste (j’écris depuis quelques années un jdr d’espionnage sans aucun fantastique c’est pour ça que ce sujet m’intéresse beaucoup) avec un nouvel article (ou deux, tout dépend du contenu) sous peu… ça arrive.

    A très bientôt

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