[et si c’était un JdR ?] Les Tuniques Bleues

Ce qu’il y a de bien avec le jeu de rôle, c’est que l’on peut en faire à partir de n’importe qu’elle idée… Une période historique, réelle ou imaginaire, un film, une série TV, un roman… Ou une bande dessinée, comme par exemple la série d’albums des Tuniques Bleues, de Raoul Cauvin, Louis Salverius et Willy Lambil.

54 Albums (un 55ème va bientôt paraitre « Indien, mon frère« )

Indien Mon Frère
Indien Mon Frère

Le Contexte :

Les aventures des Tuniques Bleues débutent peu avant la Guerre de Sécession (1861-1865), et couvrent toute la période de ce conflit, sur de nombreux fronts. Les albums de la série vous donneront bon nombre de détails et d’idées.

un chariot dans l'ouest
un chariot dans l'ouest

D’abord affectés à Fort Bow (Un chariot dans l’Ouest, no 1), Blutch et Chesterfield sont rapidement affectés au 22e de cavalerie du capitaine Stark (Du Nord au Sud, no 2), alors que débute la guerre de Sécession. Ils servent également dans l’artillerie, dans l’infanterie, comme aérostier (Les cavaliers du ciel, no 8), dans la marine, sur le cuirassé Monitor et l’U.S.S. Kearsarge (respectivement dans Les bleus de la marine, no 7, et dans Duel dans la Manche, no 37). D’ailleurs, nombre d’albums représentent des faits historiques en prenant le point de vue de nos héros pour les rapporter, notamment la bataille de Bull Run (no 27), la traque de Quantrill (no 36), ou les batailles de Grant (Qui veut la peau du général ?, no 42, et suivants).

Mais leur principale affectation reste le 22e de cavalerie. Ils en sont généralement avec Stark les seuls survivants, Blutch devant fréquemment sa vie à l’intelligence de sa monture Arabesque. Ils en sont aussi les principaux recruteurs (Les bleus tournent cosaque, no 12, Les cinq salopards, no 21, Drummer Boy, no 31, Émeutes à New York, no 45). Ils se chargent aussi de la remonte (Bronco Benny, no 16, Des bleus et des bosses, no 25).

Lorsqu’ils ne sont pas pourchassés comme hors-la-loi (Outlaw, no 4, Les bleus en cavale, no 41), ils passent leurs permissions à Fort Bow. Paradoxalement, il leur arrive également de poursuivre des déserteurs, sans grand succès, dans Les déserteurs, no 5, ou La Traque, no 50.

Ils ont beaucoup voyagé : au Mexique (El padre, no 17), au Canada (L’or du Québec, no 26), aux Pays-Bas (Duel dans la Manche, no 37).

Ils ont participé à faire connaître la guerre en travaillant avec des photographes (Des bleus en noir et blanc, no 11, Puppet’s Blue, no 39), à conserver le moral des troupes par le théâtre (Les bleus de la balle, no 28), le cirque, sous le nom de Tim et Tom les frères siamois (Les bleus en cavale, no 41).

On les trouve mêlés à des affaires d’espionnage (Les bleus dans la gadoue, no 13, Le David, no 19, La Rose de Bantry, no 30, Les hommes de paille, no 40, L’oreille de Lincoln, no 44), ou d’infiltration derrière les lignes ennemies (Et pour 1 500 dollars de plus, no 3, Rumberley, no 15, Black Face, no 20).

 

Pour quels jeux ?

Je ne saurais que trop vous recommander deux jeux à adapter avec le contexte des tuniques bleues :

  • TECUMAH GULCH, même s’il se déroule après la Guerre de Sécession, il n’est pas très difficile de l’adapter.
  • REVES, FAR-WEST, le jeu de rôle gratuit de la FFJDR, qui vous permettra d’adapter facilement (mais avec un peu plus de travail) les aventures des Tuniques Bleues.

 

L’histoire des Tuniques Bleues

 

Tuniques Bleues DupuisLes Tuniques Bleues est une série de bande dessinée humoristique racontant les aventures du sergent Cornélius M. Chesterfield et du caporal Blutch, sous-officiers dans l’armée de l’Union à l’époque de la guerre de Sécession. Au-delà du comique des situations et des personnages, cette série relate les horreurs de la guerre.

Créée en 1968 dans Spirou par le dessinateur Louis Salvérius et le scénariste Raoul Cauvin sous la forme d’histoires courtes, elle passe rapidement au format d’histoires en 44 pages. Suite au décès de Salvérius en 1972, le dessin est repris par Willy Lambil. En juillet 2011, la série, l’une des plus populaires de la bande dessinée franco-belge, compte 55 albums publiés

Auteurs, évolution et style

Dessinée par Louis Salvérius et scénarisée par Raoul Cauvin, la série a été publiée à partir du 29 août 1968 dans Le Journal de Spirou. Elle est ensuite parue en albums aux éditions Dupuis à partir de 1972 et compte en 2010 cinquante-quatre épisodes.

À l’origine, il s’agissait d’une série uniquement comique dont Salvérius dessinait les personnages de façon ramassée et avec de gros nez. Toutefois, dès le second album qui se déroule pendant la guerre de Sécession, il adopte un style plus réaliste, manière selon lui de ne pas prendre à la légère cet épisode tragique de l’histoire. Au décès de Salvérius en 1972, en plein milieu de l’épisode Les hors-la-loi (rebaptisé Outlaw pour la sortie en album), la série est reprise par Willy Lambil qui accentue encore plus l’aspect « semi-réaliste » du dessin. Cette bande dessinée est donc aujourd’hui le résultat d’un étrange mélange : si les personnages ont conservé leur gros nez des origines, les décors en revanche sont dessinés de manière réaliste avec des proportions respectées et des hachures pour souligner les volumes. Toutefois, les planches restent coloriées en aplats de couleur dans la tradition stylistique des séries humoristiques de la bande dessinée franco-belge.

Ce mélange très particulier se révèle d’autant plus réussi qu’il est au service d’un message pacifiste et antimilitariste dont la détermination et la violence de la condamnation ne sont que mieux mises en valeur par l’aspect humoristique des personnages. Entre le sergent Chesterfield, le grand simplet en quête de gloire, et le caporal Blutch, le petit rusé antimilitariste, se nouent des rapports d’amitié et d’antagonisme qui véhiculent sur le mode comique, un message dénonçant l’illusion de l’héroïsme et la cruauté de la guerre. Créée à la fin des années 1960, cette série connaît une longévité étonnante. La simplicité et l’efficacité de son message ne sont sans doute pas étrangers à ce succès.

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