Harriet Quimby

Harriet Quimby (1875-1912) est une pionnière de l’aviation, journaliste et scénariste américaine.

Une biographie d’Harriet Quimby

Origines et enfance

Les parents d’Harriet sont William Quimby et Ursula Cook. Ils arrivent dans l’État de Michigan en 1859, en provenance de l’État de New York. Mariés le 9 octobre 1859, le couple établit près de Coldwater, la mère de William vivant à proximité. Une première fille, Jenny naît en 1861, mais William doit quitter son foyer pour servir dans l’armée de l’Union pendant la Guerre de Sécession. À l’issue de celle-ci, il demande à bénéficier du Homestead Act ; 160 acres de terres lui sont officiellement attribués en janvier 1868, dans le civil township d’Arcadia, où la famille s’est installée en 1867. Ursula y développe l’usage des herbes médicinales et se met à fabriquer, puis à vendre des médicaments à base de plantes. À la naissance d’Harriet, le 11 mai 1875, le couple a déjà perdu trois enfants, il ne lui reste qu’une sœur aînée, Helen « Kittie », née en 1870. La famille abandonne la ferme à la fin des années 1880 pour s’établir en Californie, d’abord à Arroyo Grande puis dans la région de San Francisco.

Une carrière de journaliste

Harriet Quimby commence sa carrière de journaliste en 1902, en écrivant pour la San Francisco Dramatic Review et en contribuant aux éditions dominicales du San Francisco Chronicle et du San Francisco Call, avant de s’établir à New York en 1903 et de devenir, en 1905, collaboratrice à temps plein du Frank Leslie’s Illustrated Newspaper, entre autres comme critique de théâtre.

Harriet Quimby
Frank Leslie’s Illustrated Newspaper, rebaptisé Leslie’s Weekly en 1891, est un magazine littéraire et d’information illustré américain fondé en 1855 et publié jusqu’en 1922. Il fut l’un des périodiques créés par l’éditeur et illustrateur Frank Leslie. Tout au long de son existence, le Weekly proposa à ses lecteurs, des reportages illustrés.

Avant de s’intéresser à l’aviation, Harriet se passionne déjà pour la vitesse en devenant une des premières femmes « chauffeuses d’automobile ».

Une carrière de scénariste

Harriet fait la connaissance, à San Francisco en 1900, de Linda Arvidson, qui devait épouser en 1906 D. W. Griffith. Harriet Quimby tient un rôle secondaire dans un film de Griffith en 1909 et signe le scénario de cinq de ses films en 1911.

Première femme pilote brevetée aux États-Unis

À l’occasion de la couverture du meeting aérien de Belmont Park, à New York, en octobre 1910, elle rencontre John Moisant et prend la résolution de devenir elle-même pilote. La mort accidentelle de Moisant, aux commandes de son Blériot le 31 décembre 1910, ne la fait pas reculer et c’est en compagnie de la sœur de John, Matilde Moisant, qu’elle entame sa formation au mois de mai 1911, incognito jusqu’à ce qu’un courant d’air ne dévoile son visage connu à un passant.

Harriet Quimby

La presse révèle alors qu’une « femme en pantalon » prend des leçons de pilotage à l’école Moisant de Garden City. Dévoilée, elle déclare en riant qu’« il n’y a pas plus de danger en avion que dans une automobile rapide et que c’est beaucoup plus amusant ».

Harriet Quimby

Elle obtient son brevet de pilote, le premier délivré à une femme par l’Aero Club of America, le 1er août 1911 (Matilde Moisant obtiendra le 13 août le second). Harriet Quimby enchaîne alors quelques jolies performances, réalisant par exemple le premier vol de nuit effectué par une femme, à la fête foraine de Staten Island, en septembre 1911.

Harriet Quimby

Toujours soucieuse de son élégance, elle se fait faire une tenue de vol tout d’une pièce, avec capuche, en laine revêtue de satin violet, qui deviendra son signe distinctif. Cette image d’elle est reprise par les affiches publicitaires de la marque de soda au raisin Vin Fiz, qui, avant elle, avait déjà parrainé l’aviateur Calbraith Perry Rodgers.

Traversée de la Manche

Moins d’un an après l’obtention de son brevet, elle devient, le 16 avril 1912, la première femme à traverser la Manche aux commandes d’un avion16, partant du terrain d’aviation de Whitfield, près de Douvres et se posant sur la plage d’Equihen. Elle réalise cette performance sur un Blériot XI monoplace équipé d’un moteur Gnome de 50 chevaux, qu’a accepté de lui prêter Louis Blériot.

Harriet Quimby

Elle fait d’abord expédier l’avion à Hardelot, où Blériot avait un terrain d’entraînement, avec l’intention de se familiariser avec un système de commandes un peu différent de celui des Blériot XI dont elle avait l’habitude aux États-Unis, mais le vent soufflant en tempête interdit toute sortie. Pour tenir son engagement envers le Daily Mirror, et pour éviter qu’une trop longue attente finisse par compromettre le secret de son entreprise, elle se résout à expédier son avion à Douvres sans l’avoir essayé. Le 14 avril 1912 le temps à Douvres était idéal pour voler mais Harriet Quimby s’était fait une règle de ne pas voler le dimanche. Gustav Hamel en profite néanmoins pour essayer l’avion et parfaire la mise au point du moteur. Le vent forcit à nouveau le lundi, interdisant tout essai, et c’est finalement le mardi 16, à 5 h 30, qu’Harriet s’élance au-dessus de la Manche, bien que des bancs de brume cachent à moitié le château de Douvres, sans expérience préalable de la navigation au compas et dans un avion avec lequel elle vole pour la première fois. Bien que pâtissant, dans l’actualité, de la concurrence constituée par le naufrage du Titanic, sa traversée victorieuse est saluée à la une des journaux français.

Harriet Quimby

Accident fatal

Harriet Quimby périt avec son passager William Willard dans l’accident du Blériot XI 2 qu’elle pilote le 1er juillet 1912. Les spectateurs du 3e meeting annuel de l’aviation de Boston, auquel elle participe, à Quincy, voient l’avion, qui a effectué sans encombre l’aller-retour au phare de Boston Light et qui revient à grande vitesse, piquer brutalement et Willard puis Quimby en être éjectés, avant de tomber dans l’estuaire du fleuve Neponset, à quelques mètres du rivage. Les secouristes ne peuvent, de toute façon, que constater le décès des deux aviateurs.

Harriet Quimby fut enterrée, à New-York, dans la robe blanche qu’elle comptait porter à un banquet prévu en son honneur. On ne sait pas ce que sont devenus sa tenue de vol violette et les bijoux porte-bonheur qu’elle emportait toujours en vol.

Pour Verne et Associés, 1913

Et si Harriet Quimby n’était pas morte dans ce tragique accident ? En fait, il se trouve qu’il y a de nombreux désaccords sur les circonstances réelles de l’accident. D’après les proches d’Harriet, en aucun cas il ne pourrait s’agir d’une erreur mécanique ou d’une erreur de pilotage. Au pire, il se pourrait que les mouvements du passager aient déséquilibré l’avion, un défaut connu des Blériot XI.

De plus, les corps des victimes sont en fait tombés dans la vase de l’estuaire du fleuve, et ils n’étaient pas tout de suite reconnaissables. Autre fait troublant, on ne sait pas ce que sont devenus sa tenue de vol violette et les bijoux porte-bonheur qu’elle emportait toujours en vol…

Harriet Quimby

Une version alternative ? Harriet est bel et bien tombée à l’eau, mais s’en est sortie vivante, à l’inverse de son passager. Quand les premiers secouristes ont réussi à la sortir de l’eau, en réalisant ce qui venait de se passer, elle a soudoyé ses sauveurs avec ses bijoux pour qu’ils affirment qu’elle était bien morte, et l’aident à continuer à se faire passer pour morte.

Plus tard, sous le nom de code de Purple Arrow, elle poursuivra ses aventures au sein de la Ligue des Gentes Dames Extraordinaires.

Par Iso

Tenancier et créateur de scriiipt.com Rôliste de très longue date et amateur de fantastique. Rien à ajouter.