Fräulein Doktor Elsbeth Schragmüller, l’espionne qui a recruté Mata-Hari

fraulein doktor

Elisabeth Schragmüller dite Elsbeth (1887 – 1940), connue sous le nom de Fräulein Doktor, est une scientifique et espionne allemande.

Si le nom d’Elisabath Schragmuller est aujourd’hui quelque peu oublié, elle a été l’objet de fantasmes et de légendes pendant et après la Première Guerre Mondiale. Dès les années 30, plusieurs films et livres lui sont consacrés. Elle a entretenu le secret et le mystère, a tel point qu’il n’y a que très peu de photos d’elle.

Une biographie de Elisabeth Schragmüller

Née à Schlüsselburg (arrondissement de Minden) en province de Westphalie, en 1887, Elisabeth est la fille d’un officier prussien Carl Anton Schragmüller et de Valesca von Cramer von Clausbruch.

Fräulein Doktor Elsbeth Schragmüller
Les cinq enfants Schragmüller, deuxième à droite : Elisabeth

En 1913, elle soutient sa thèse de doctorat en sciences politiques à l’université de Fribourg-en-Brisgau dans le grand-duché de Bade.

Première Guerre mondiale

Déterminée à servir la patrie, elle obtient, le 20 août 1914, un laisser-passer stipulant : « Mlle Schragmüller est autorisée à se rendre librement et sans entraves sur les deux théâtres d’opérations. »

Fräulein Doktor Elsbeth Schragmüller

Arrivée à Bruxelles, elle convainc le maréchal von der Goltz de travailler pour les services de renseignements.

Rudiger von er Goltz

Sa maîtrise du français et de l’anglais, son analyse et sa compréhension des problèmes stratégiques, la font remarquer de la hiérarchie militaire allemande. Elsbeth Schragmüller est mutée dans un service intégré au haut commandement des forces allemandes et y reste jusqu’à la fin de la guerre.

Elle organise le recrutement et forme des agents de renseignements allemands, la plus célèbre étant Mata Hari. En 1916-1917, elle est chargée de surveiller les activités de Mata-Hari et de Marthe Richard en Espagne.

Mata Hari et Marthe Richard

Elsbeth Schragmüller meurt de la tuberculose à son domicile de Munich le 24 février 1940 (à 52 ans).

Qui était-elle ?

Elsbeth Schragmuller – docteur en sciences politiques – n’était pas une espionne ; elle était formatrice d’espionnes a l’école d’espionnage d’Anvers, réservée a l’élite des agents, et responsable du Service des renseignements « France » pendant toute la durée de la guerre. Elle a, entre autres, forme Mata-Hari, l’agent H 21.

Le commandant Walter Nicolaï, chef du Abteilung IIIb (branche du renseignement militaire de l’armée impériale allemande de 1889 jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale), fut impressionné par « sa haute conception du devoir dans la pure tradition militaire allemande et son sens des responsabilités ».

Walter Nicolaï

Comme Elsbeth Schragmuller a brouillé les pistes sur sa vie, les histoires les plus fantaisistes ont circulé sur son compte parmi les militaires et les civils alliés. Symboles d’une sensualité insatiable, les fausses « Fräulein Doktor » furent légion jusque sous le IIIe Reich.

[source 2] [source 1]

Ce que l’on pensait de Fräulein Doktor

Georges Ladoux

Guerres Mondiales et conflits contemporains par Marianne Walle


Qui est cette Fräulein Doktor qui tue même à distance et par procuration ? Georges Ladoux la considère comme son pire adversaire. En France, personne ne l’a jamais vue et, pourtant, les descriptions de sa personne et de son comportement sont légion : le capitaine rapporteur près du 3e Conseil de guerre, Pierre Bouchardon, juge d’instruction militaire, qui ne l’a jamais rencontrée, en fait la description suivante : « Une accorte personne, bien en chair, grande, blonde, polyglotte, parée de bijoux trop voyants. Son nom ? Elle en porte tant qu’elle ne sait plus le véritable : “Fräulein Elsa, Miss Doktor, Mademoiselle Rennmüller…” La plupart l’appellent tout simplement “La Femme blonde”… Elle fume des cigarettes russes et montre complaisamment ses mollets en croisant ses jambes […]. Nul ne discute ses ordres qu’elle ne répète jamais… Les colonels lui parlent la main à la visière de leur casquette et talons joints […]. De temps en temps, elle joue avec un browning qu’elle tire de sa poche ou bien elle caresse, d’une main lourdement chargée de bagues, le pommeau d’une cravache. »

En 1931 seulement, paraît la première description physique fiable de celle que les rumeurs les plus folles traitaient de « monstre », de « patronne du laboratoire du mal » et autres personnages terrifiants. Le journal Münchner Augsburger Tageszeitung la décrit « mince, blonde, distinguée, très réservée, elle parle avec une voix de jeune fille et fait preuve d’une très grande objectivité », et le Bayerische Staatszeitung, la dit « grande, élancée, les cheveux blonds coiffés en chignon ». On sait également qu’elle n’est pas vraiment jolie, mais qu’elle a des yeux extraordinaires. Les photographies d’elle sont très rares.

[Source 3]

Pour Verne et Associés, 1913

Fräulein Doktor Elsbeth Schragmüller

Des films

Salonique, nid d’espions

Salonique nid d'espions

Salonique, nid d’espions, ou Mademoiselle Docteur, est un film français réalisé par Georg Wilhelm Pabst, sorti en 1937.

Pendant la Première Guerre mondiale, Mademoiselle Docteur (Dita Parlo) est Anne-Marie Lesser, espionne allemande insaisissable. Envoyée en mission à Salonique, elle se tire des situations les plus désespérées avec une tranquillité hautaine que vient cependant diminuer l’attachement qu’elle a conçu pour un jeune officier français du Deuxième Bureau.

Fräulein Doktor

Fräulein Doktor
la musique de Fraulein Doktor est signée de Ennio Morricone

Fräulein Doktor est un film italo-yougoslave réalisé par Alberto Lattuada et sorti en 1969.

Printemps 1916, la Première Guerre mondiale se prolonge avec son cortège de violence et d’horreur. À Scapa Flow, base navale militaire de la Royal Navy, située dans l’archipel des Orcades (Écosse), l’équipe du colonel Foreman (Kenneth More) stoppe les agents d’une opération sous-marine allemande. Toutefois, le troisième protagoniste parvient à s’enfuir. Après examen des vêtements laissés sur la côte, ce dernier serait une femme. Les deux hommes capturés refusent de parler. Suspectés d’espionnage, ils sont alors condamnés à la peine capitale. Le premier d’entre eux affronte la mort face au peloton d’exécution, tandis que le second, Mayer (James Booth), révèle, à l’instant crucial, l’identité du fugitif et, en dernière instance, les visées poursuivies par les services secrets germaniques. En vérité, le meurtre d’un des hommes était programmé. Il s’agissait d’un habile stratagème pour faire parler le second. On en sait désormais un peu plus sur le troisième personnage : une espionne réputée brillante et insaisissable, répondant au nom de code : Fräulein Doktor (Suzy Kendall). Celle-ci est officiellement actrice professionnelle et elle vient de provoquer l’émoi des services du contre-espionnage allié ; d’une part, en dévoilant à la Kaiserliche Marine les positions de tous les navires de guerre britanniques, et, d’autre part, en subtilisant le secret d’une arme chimique terrifiante, l’ypérite, que les belligérants n’ont pas encore utilisée concrètement. Pour l’heure, la belle espionne – une morphinomane conséquente, tribut d’une existence agitée et périlleuse – est déjà sur les mers avec le clair objectif d’empêcher l’arrivée en Russie du ministre de la Guerre britannique, le maréchal Kitchener, chargé d’aider à la réorganisation des armées tsaristes. En dépit du suicide d’un de ses contacts à Scapa Flow – ce dernier ne voulant pas être découvert -, Fräulein Doktor est parvenue à connaître le nom du navire sur lequel s’embarque le maréchal, le fameux croiseur cuirassé, HMS Hampshire. Certes, le contre-espionnage allié a retrouvé sa trace, mais il est pourtant trop tard…

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