Lutte contre les discriminations

Le jeu de rôle et la lutte contre les discriminations (partie 1)

Curieuse idée que d’associer dans un même article deux notions aussi délicates et complexes… Et l’on peut se demander en quoi les pratiquants du jeu de rôle (les rôlistes) sont concernés. Vous pouvez vous demander en quoi la pratique d’un jeu de société a rapport avec les discriminations ou la lutte contre ces discriminations, et bien comme nul n’est censé ignorer la loi… et comme la pratique des jeux de société (et des jeux de rôle) se font aussi dans le cadre des activités associatives, de conventions, de festival ouvert au public… Il est bon de rappeler certaines choses.

Parce que l’on peut se retrouver un jour ou l’autre dans la position du discriminé ou du discriminant… Parce que le jeu de rôle doit pouvoir être ouvert à tout le monde, sans aucune distinction. Parce que l’effort devrait être fait par celui qui accueille et organise, et qui doit faire en sorte de ne pas discriminer (ou stigmatiser) les participants.

Dans une seconde partie nous aborderons plus en détail comment faire pour éviter de discriminer des joueurs participants à des sessions de jeu de rôle. Et dans une troisième partie, ce seront les jeux eux-même et les background qui seront abordés…

Lutte contre les discriminations : ce qu'il faut savoir et ce que peut le Défenseur des droits.

Mais tout d’abord le rappel de la loi (en France)

Cette première partie va poser le cadre des prochains articles.

Une discrimination est une inégalité de traitement fondée sur un critère prohibé par la loi,

comme l’origine, le sexe, le handicap etc., dans un domaine visé par la loi, comme l’emploi, le logement, l’éducation, etc. Elle peut être directe, si l’inégalité se fonde sur un critère prohibé, ou indirecte, lorsqu’une règle, une pratique ou un critère apparemment neutre a un effet défavorable sur un groupe visé par un critère de discrimination. Elle peut également prendre la forme d’un harcèlement.

La discrimination peut se manifester dans l’emploi (à l’embauche ou dans le déroulement de carrière), dans le logement, dans l’accès aux biens et services ou dans l’éducation. Il existe 22 critères de discriminations prohibés par la loi : L’origine, le sexe, la situation de famille, la grossesse, l’apparence physique, le patronyme, l’état de santé, le handicap, les caractéristiques génétiques, les mœurs, l’orientation sexuelle, l’âge, les opinions politiques, les activités syndicales ou mutualistes, l’appartenance ou la non appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, l’identité de genre, le lieu de résidence, la perte d’autonomie et la discrimination à l’égard d’une personne en raison de sa particulière vulnérabilité résultant de sa situation économique, apparente ou connue de son auteur.

La discrimination peut prendre différentes formes :

  • La discrimination est directe lorsqu’elle est délibérée et que la différence de traitement se fonde sur un critère prohibé par la loi.
  • La discrimination est indirecte lorsqu’une disposition, un critère, une pratique apparemment neutre, est susceptible d’avoir le même impact qu’une discrimination directe et d’entraîner un effet défavorable pour une personne ou un groupe de personnes en raison d’un critère.
  • Le harcèlement peut devenir un comportement discriminatoire lorsqu’il est lié à un critère de discrimination prohibé par la loi. Le harcèlement a pour effet de porter atteinte à la dignité d’une personne et de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant.

http://www.defenseurdesdroits.fr/fr

Dans différents domaines

  • Emploi et Carrière
  • Éducation, Formation (condition d’inscription, d’admission, d’évaluation)
  • Logement
  • Soins et services sociaux
  • Biens et Services, Publics et Privés : accès à une boite de nuit, à un bâtiment public, souscription d’un crédit…  (Le jeu de rôle (et jeux de société en général), pratiqué en club, en association, lors de conventions ou festival ouvert au public peuvent entrer dans ce dernier domaine)

Sur la base de 22 critères prohibés par la loi :

http://www.defenseurdesdroits.fr/connaitre-son-action/la-lutte-contre-les-discriminations/critere

Le sexe

Les discriminations à raison du sexe peuvent être subies par des femmes mais également par des hommes.

L’origine

La discrimination à raison de l’origine recouvre toute discrimination fondée sur la naissance.

La grossesse

Très proche de la discrimination à raison du sexe, la discrimination du fait d’un état de grossesse lèse le droit des femmes.

La situation de famille

La situation de famille peut entraîner des discriminations opérées à raison de la situation matrimoniale ou de la nature de la filiation, d’une situation de concubinage ou encore de l’absence ou de l’existence d’enfants.

L’apparence physique

Une discrimination à raison de l’apparence physique se fonde sur les traits ou caractéristiques physiques d’une personne pour prendre une décision qui lui est préjudiciable.

Exemple : Le refus de faire jouer une personne atteinte d’obésité en raison de son aspect physique.

Le patronyme

Une personne peut être victime de discrimination du fait d’un patronyme jugé ridicule ou de la consonance étrangère de son nom.

Lieu de résidence
L’état de santé

Un certain nombre de pathologies, n’impliquant pas un handicap, peuvent être à l’origine de discriminations.

Exemple : Le refus d’accepter à sa table de jeu une personne atteinte du Sida.

Le handicap

Constitue un handicap, au sens de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005, « toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ». 

Les discriminations à raison du handicap peuvent survenir dans différents domaines de la vie (en matière de transports, de logement, d’accès aux loisirs…) mais c’est dans le domaine de l’emploi qu’elles sont le plus fréquentes.

Les employeurs sont ainsi tenus de prendre les « mesures appropriées » pour permettre aux travailleurs handicapés d’accéder à un emploi correspondant à leur qualification ou de le conserver grâce à des aménagements de poste.

Les caractéristiques génétiques

Les prédispositions à des pathologies et le risque potentiel de développer certaines maladies ne peuvent justifier des mesures préjudiciables. Celles-ci seraient alors constitutives de discriminations.

Les mœurs

Certains comportements discriminatoires peuvent être liés aux modes de vie, aux habitudes individuelles ou collectives.

Exemple : Le refus d’accepter une personne qui fume. (Attention, s’il est interdit de fumer dans les lieux public ou dans un local, le fumeur doit tout même prendre garde à respecter la loi)

L’orientation sexuelle

Une personne ne peut être victime de discrimination du fait de sa sexualité.

Exemple : Le refus d’accepter une personne à la table de jeu en raison de son homosexualité réelle ou supposée.

Identité de genre

Le critère de l’identité de genre a été introduit dans la législation par la loi n° 2012-954 du 6 août 2012 relative au harcèlement sexuel (article 4). Ce critère vise à protéger les personnes transsexuelles et transgenres contre les discriminations auxquelles elles sont exposées lorsque l’identité sociale sous laquelle elles vivent ne correspond pas au sexe assigné à la naissance, que cette situation s’accompagne ou non d’un traitement hormonal ou d’une opération de changement de sexe.

Exemple : la conversion sexuelle d’un joueur ne saurait entrainer son exclusion de l’association ou club de jeu.

L’âge

Une décision préjudiciable ne peut être fondée sur l’âge. Ce type de discrimination peut concerner aussi bien les jeunes que les personnes âgées.

Exemple : Refuser l’accès à une table de jeu à une personne en raison de son jeune âge ou parce qu’elle est plus âgée que la moyenne du groupe. Le jdr doit pouvoir être pratiqué par des joueurs de tous âges. Voir l’excellent numéro de Di6dent n°7 : Le jdr, de 7 à 77 ans ?

 Les opinions politiques

Une discrimination peut être caractérisée par le conditionnement d’une décision à l’appartenance ou la non appartenance à une tendance politique.

Les activités syndicales

Une discrimination peut être caractérisée par le conditionnement d’une décision à l’appartenance ou la non appartenance à une organisation syndicale.

Appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une race, une nation

Le terme « ethnie » désigne un ensemble d’individus réunis par une communauté de langue ou de culture : il désigne des ensembles humains pouvant dépasser le cadre des nations ou, au contraire, correspondre à des minorités nationales. L’auteur d’une discrimination peut être poursuivi dès lors qu’il a pris une décision discriminatoire envers une personne en raison de l’idée qu’il s’est faite de son appartenance à une ethnie, même lorsque cette appartenance n’est que supposée.

La discrimination à raison de l’appartenance réelle ou supposée à une nation recouvre toute discrimination fondée sur la nationalité. L’auteur d’une discrimination peut être poursuivi dès lors qu’il a pris une décision discriminatoire envers une personne en raison de l’idée qu’il s’est faite de son appartenance à une nation, même lorsque cette appartenance n’est que supposée.

La discrimination à raison de l’appartenance réelle ou supposée à une race recouvre toute discrimination fondée sur la naissance. L’auteur d’une discrimination peut être poursuivi dès lors qu’il a pris une décision discriminatoire envers une personne en raison de l’idée qu’il s’est faite de son appartenance à une race, même lorsque cette appartenance n’est que supposée. L’appartenance ou non à une religion déterminée

Appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une religion

L’auteur d’une discrimination peut être poursuivi dès lors qu’il a pris une décision discriminatoire envers une personne en raison de l’idée qu’il s’est faite de son appartenance à une religion, même lorsque cette appartenance n’est que supposée.

Perte d’autonomie

Exemple : J’estime que mon père qui réside dans une maison de retraite, n’est pas pris en charge correctement.

La discrimination à l’égard d’une personne en raison de sa particulière vulnérabilité résultant de sa situation économique, apparente ou connue de son auteur.

Exemple : On a refusé de me louer un logement que j’avais les moyens de payer parce que je suis bénéficiaire du RSA.

Discrimination Catégories de discrimination interdite

 

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