Agriculture, Medieval-Fantastique et Jeu de Rôle

Nous profitons de l’actualité, car le Salon International de l’Agriculture c’est du 25 février au 4 mars, pour aborder un sujet trop délaissé dans la culture rôliste et fantasy : L’Agriculture !

Après avoir parcouru quelques dizaines d’univers fictions au cours de parties de jeu de rôle sur table ou sur console, j’en viens à faire quelques constats plutôt étranges :

Ces univers sont emplis de forêts sombres, impénétrables et dangereuses, de forêts pétrifiées, de marais putrides, de déserts de glace ou de sable, d’étendues arides au pieds de volcans maléfiques… Est-ce que j’oublie quelque chose ? Oui, les ruines de civilisations anciens, les cités souterraines, des couloirs interminables, des grottes, des cryptes, des tombeaux, des cités des voleurs, ou des cités des magiciens…. Et aussi des cités cyclopéennes, ah…. Les cités cyclopéennes…

Et ce n’est pas tout : des prédateurs partout, des monstres, des races plus ou moins humanoïdes qui ne pensent qu’à une chose : Manger… Et manger quoi ? Des humains de préférence, ou alors des créatures plus petites qu’eux…

Je veux bien que l’on soit dans des mondes fantastiques, mais faut-il pour autant que l’on soit dans l’illogique total ? Le fantastique ou le médiéval-fantastique, n’est pas obligatoirement irréaliste ou incohérent, pourtant je viens de vous citer quelques incohérences. Si le med-fan doit s’inspirer de l’histoire médiévale, antique ou préhistorique, cela veut dire qu’il faut un peu regarder dans ses vieux bouquins d’histoire (ou moins vieux pour les plus jeunes d’entre vous).

Un monde à 90% agricole :

Et oui, jusqu’à une histoire très récente, notre monde était un monde très majoritairement agricole. Et si de nos jours dans certains pays, la portion des terres consacrées aux l’élevage et à l’agriculture diminuent, ce sont des activités qui ne pourront jamais disparaitre… sans de graves conséquences pour la survie de l’humanité…

Revenons à nos moutons (nda : ah ah ah…)

Au moyen-age,  9 hommes sur 10 sont des paysans, et l’agriculture est le principal secteur économique. Si vous êtes un créateur de monde imaginaire de med-fan vous devez tenir compte de cette logique, ou alors si vous décidez autrement, il va falloir que cela tienne la route.

Cf Histoire du Monde (le développement de l’Agriculture)

Les vallées des fleuves deviennent les berceaux des premières civilisations : le fleuve jaune en Chine, le Nil en Égypte et l’Indus au Pakistan. Certains peuples nomades, tels les aborigènes d’Australie ou les Bochimans d’Afrique australe, n’utilisent pas directement l’agriculture.

Jusqu’aux débuts de la colonisation européenne, au XIXe siècle, une grande partie de la planète est occupée par des groupes humains non constitués en États. Menacés ou influencés par des États déjà constitués, ces groupes se transforment eux-mêmes pour devenir des États (cf. Moravie, Lituanie). Certains groupes, comme les Kassites et les Mandchous, sont absorbés par les États qu’ils ont conquis.

L’agriculture peut permettre l’émergence de sociétés complexes, appelées « civilisations », à la formation d’États et à l’apparition de marchés. Cependant, on peut trouver un contre-exemple : les Mongols étaient des pasteurs qui ont créés l’empire le plus vaste qui ait existé. La technologie, quant à elle, permet à l’homme de contrôler la nature et de développer transports et communications.

 Et surtout :

En se développant, l’agriculture crée les conditions nécessaires à l’émergence de cités, lieux sans production agricole propre. Ces villes consomment les surplus agricoles des régions environnantes et, en contrepartie, leur procurent une certaine protection militaire.

Dans un monde faiblement technologique, tout est issu soit de l’agriculture, soit de la pèche, soit de l’élevage… Cuir et cordages, d’où croyez-vous que cela vienne ? Le cuir, c’est sur les animaux qu’on le trouve, et les cordes sont faites souvent à partir de chanvre.

Les fibres de chanvre servent à faire des cordes naturelles.

En 1661 Colbert fait construire la Corderie royale de Rochefort pour pouvoir fabriquer en France les lourds cordages des navires. La partie centrale du bâtiment permettait de confectionner des cordages de chanvre d’une encablure de long, soit près de 200 m. Leur diamètre pouvait dépasser 20 cm.

Une corde de chanvre de 12 mm de diamètre a une charge de rupture d’environ 1 100 kg.

Cette fibre permet aussi de confectionner tout simplement de la ficelle.

La terre, les terres agricoles, bien irriguées, riches, proches des voies circulables par route ou par voie maritime ou fluviale, sont donc forcément très recherchées. C’est ce quiva faire la richesse d’une cité ou d’une nation, et éventuellement c’est ce qui peut déclencher des conflits entre voisins qui se jalousent… Les produits issuent de l’agriculture et de l’élevage sont essentiels pour qu’une population se développe, et s’il y a du surplus de production c’est ce qui va permettre le developpement du commerce. S’il y a commerce, c’est qu’il doit y avoir plus facilement des échanges pacifiques avec les voisins, et un accès plus facile au progrès technologique…

Je sais… Expliquer tout cela en quelques phrases c’est une gageure…

L’agriculture au moyen-age, un exemple :

Si les paysans forment le plus gros de la population, ce n’est pas eux qui détiennent le pouvoir, loin de là… Il n’est même pas évident qu’ils soient libres. Servage ou esclavage étaient deux des situations courantes des paysans, à tel point qu’il était souvent utile de préciser si un homme est un homme libre.

Différence entre esclavage et servage :

Sa différence avec l’esclavage provient du statut juridique du serf, qui jouit d’une personnalité juridique.

De ce fait, le serf n’est juridiquement pas considéré comme une « chose », un « bien meuble », mais comme une « personne », liée par un contrat (obligation) à une autre personne.

Ainsi, le serf n’appartient pas à son seigneur, mais est attaché à la terre (souvent un fief, dont le propriétaire ultime est plus haut dans la chaîne de vassalité), la contrepartie étant qu’il ne peut être chassé de cette terre, puisqu’il ne fait qu’un avec elle ; en outre, il possède des biens, peut exercer une action et témoigner en justice, peut contracter (mariages, contrats de vente) plus ou moins librement (le plus souvent entre eux). Sa condition de servage pouvait elle-même faire l’objet d’un contrat. Mais s’il n’est pas nécessairement complètement dénué de droit d’héritage, celui-ci est dans tous les cas fortement limité, en particulier par l’échute : en l’absence d’héritier direct, ses biens reviennent à son seigneur lors de son décès. Ce qui lie le serf à son seigneur est un contrat analogue du contrat de vassalité : il lui doit fidélité, et se trouve à la base de la pyramide féodale. Cette fidélité, comme tout lien féodal, a une contrepartie : le seigneur lui doit protection.

Autre point important, le rythme des saisons. Car sans technologie particulière, l’homme doit simplement s’en remettre à la nature, et c’est celle-ci qui donne le rythme aux activités, y compris la guerre ou les grands travaux. Et oui, si la population est à 90 % composée de paysans, cela veut dire que souvent c’est parmi eux que se recrute la pietaillage des armées, et les ouvriers pour batir chateaux, temples et autres monuments… Et ils ne peuvent le faire que quand ils ne sont pas au champs… Souvent en hiver donc…

Les hommes du Moyen Âge ont une notion du temps différente de la nôtre : leur vie s’organise en fonction du soleil et des jours fériés du calendrier religieux.

La journée commence tôt le matin. En premier, ils s’occupent du bétail puis, s’il fait beau temps, il y a beaucoup de travaux pour les champs : moissons, labours, semailles. Et la journée se termine lorsque le soleil se couche.

En hiver, les paysans sont au repos car la terre est gelée. Ils réparent alors leurs outils, se rendent régulièrement chez le seigneur pour faire des corvées et travaillent comme artisans ou bûcherons par exemple. Pendant ce temps, le seigneur mange et boit à sa table.

Au Printemps, c’est le temps des labours. Entre Avril et Juin, on tond les moutons.

En été, on fauche le foin en premier. Les épis sont fauchés à l’aide de la faucille. Pendant les mois suivants, les grains seront broyés.

En automne, ils travaillent la terre pour semer les graines. C’est aussi le temps de la vendange. Dans la forêt, il y a plein de fruits, de miel, de glands, de noisettes et de châtaignes que les paysans récoltent. Dans les clairières, ils fabriquent du charbon de bois.

Pour en savoir plus :

Quel rapport donc avec les jeux de rôle ?

Tout est question de cohérence. Sans forcément entrer dans les détails et chercher à tout prix le réalisme, il semble qu’un pays « riche » est un pays qui possède des terres agricoles riches. En tant que Meneur de Jeu/Créateur de monde, il faudra en tenir compte.

Il faudra aussi probablement décider du poids du fantastique et de la magie (divine ou autre) dans cet univers… Par exemple dans Glorantha (RuneQuest), les cultes agraires apportent de l’aide pour les moissons… Et oui, comment est-ce que la magie ou les prières influencent de manière positive ou négative l’agriculture ?

La liste avec quelques idées de scénar :

  • Les mauvaises récoltes succéssives : dues à quoi ? Malédiction, dragons, razzia d’ennemis… Comment y remédier et quel impact sur les cités-états ou les pays ?
  • Les revoltes paysannes…
  • Les grands rassemblements de serfs pour batir des monuments cyclopéens (et oui), mais pendant ce temps qui protège les villages désertés ?
  • Jouer les pionniers sur de nouvelles terres (ou protéger ces mêmes pionniers)
  • Un village est régulièrement rançonné par des bandits, alors ils engagent des mercenaires (Sept….)
  • Sous la ferveur religieuse mystique, toute une région ne fait plus pousser que des plantes aux propriétés hallicinogènes et/ou magiques.

 

 

Print Friendly
The following two tabs change content below.

Une réflexion au sujet de « Agriculture, Medieval-Fantastique et Jeu de Rôle »

Les commentaires sont fermés.