La France cadre d’aventures

Cthulhu FranceCe n’est pas le cadre le plus souvent choisi pour les scénarii de jeu de rôle, pour plusieurs raisons : le manque de dépaysement, et le coté trop proche de la réalité, entre autres. Bien entendu, la est une destination exotique quand on n’y vit pas…

Si je vous dit qu’une colonie de Profonds adorant le Grand s’est installée à Port Leucate1, ça va vous faire doucement marrer (même si c’est vrai). Par contre si je vous dit, « viens on va faire du surf à Innsmouth », là vous aurez un regard plus inquiet… Normal.



Pourtant on peut jouer de ce coté trop proche et trop connu pour au contraire faire naître des aventures qui sortent de l’ordinaire.

Tout simplement en distordant la réalité ou en la décryptant avec beaucoup de mauvaise foi. Inventer un village ou une ville ne doit pas être un obstacle, et puis même sans être un as de la géographie de la France c’est toujours plus facile que connaître tel ou tel quartier de New-York. Et encore une fois rien n’interdit d’inventer. Je me souviens d’une de ces fameuses Sagas de l’Été de TF1 qui se passait à Vermeil… Vermeil ? Personne ne connaît, c’est normal c’est un mélange de Perpignan et de Collioure, et alors ça ne dérange personne, et ça permet pas mal de fantaisies.

Aaaahh l’université de Vermeil, elle n’a rien à envier à celle de Miskatonic…

Quels Jeux ?

In Nomine Satanis/Magna Veritas :

Les démons et les anges qui se bastonnent dans un cadre franchouillard. De l’humour du fantastique et de l’action, oui c’est possible.

Nephilim :

un peu plus pointu et moins d’humour mais beaucoup de fantastique. De plus c’est un jeu qui nous apprend à regarder au dela des apparences et à voir nos vieilles pierres et nos musées avec une certaine appréhension.

Maléfices :

Un cthulhu-like à la française. Là par contre il ne s’agit plus de la France contemporaine, l’action se déroulant au début du siècle, le jeu à l’avantage de pouvoir prendre plus de libertés avec la réalité.

Crimes :

De l’horreur gothique, façon les Mystères de Paris… Encore une fois on pourrait prendre des libertés avec la réalité historique.

La Gamme White Wolf (et le Monde des Ténèbres) :

vampires et loup-garou en France ont fait l’objet d’un supplément assez bien fait. On y retrouve même les pénitents de la Sanch bien connu de la région perpignanaise.

Et puis il y a aussi le Gévaudan, les légendes bretonnes et j’en passe.France supplement pour le monde des ténèbres

[voir aussi le site de la Camarilla ™ Française]

Mercenaires :

Un jeu des années 90 qui n’existe plus mais qui faisait la par belle aux mercenaires et aux tueurs à gages. Il était basé sur l’action et le réalisme, bon pour les fans des films de Delon ou de Luc Besson. Même si en réalité il est beaucoup plus basé sur les films de mercenaires des années 80 et 90 (vous connaissez le site Nanarland.com ?).

(« On ne réveille pas un flic qui dort ! », culte je vous dis)

Trauma :

Encore un jeu des 90’s qui n’existe plus. Le concept de départ était que l’on allait se jouer soi-même.

Le citoyen lambda pris dans l’engrenage de l’ violente, librement inspiré des films « Hitcher » ou « Osterman Week-end » (nda : excuser-moi pour les références qui datent pas d’hier, mais le jeu n’est pas très récent)

D’autres jeux qui demandent un travail d’adaptation et des recherches

James Bond 007 :

Encore un jeu fantôme qui pourtant continue une seconde vie sur le net grâce aux fans et aux films qui sortent régulièrement sur grand écran.

Delta Green :

Le supplément de jeu contemporain pour l’Appel de Cthulhu. Aucun autre livre de cette gamme n’a été traduit en français, c’est dommage. Mais encore une fois grâce aux fans sur le web (tentacules.net par exemple) on peut trouver un bon suivi, et même une adaptation française du concept : Le Sceptre, une agence gouvernementale occulte qui combat les créatures du Mythe.

Pas mal de nouveautés pour Delta Green par contre… Voir le Groupe Delta Green France sur Tentacules.net

Spycraft d20 :

Un jeu non traduit en français qui permet de se mettre dans la peau des espions et autres agents secrets modernes (les références sont : Mission Impossible, Agent Triple X, Alias, etc…)

:

Les grandes villes françaises ne sont pas nombreuses mais peuvent aussi être un cadre pour ce jeu d’horreur contemporaine directement inspiré des œuvres de Clive Barker.

Le French Background

Je suis un détective privé ancien agent de la CIA qui a fait le Viêt-Nam, ça se traduit en français par : je suis en détective privé ancien agent du SDECE qui à fait la guerre d’Algérie…

Le premier a plus de 60 ans et sa traduction au moins 70 ans, c’est intéressant mais pas jouable, je vous assure.

En France les services secrets c’est la DGSE (équivalent de la CIA) et la DST  (équivalent du FBI, à noter que la DST est devenue en 2008 la DCRI) pour vous résumer un peu.

Les opérations militaires de la France ? Sous mandat de l’ONU, 1991 en Irak pour la première guerre du Golfe, 1994 en ex-Yougoslavie, 1999 au Kosovo. Pour les interventions de la France en Afrique, voir  French military Background.

Les interventions militaires françaises en Afrique depuis 1981
LEMONDE.FR | 13.02.07

© Le Monde.fr

Le French military Background

pour ajouter du réalisme à la toile de fond de vos personnages anciens militaires… (Source : La Documentation Française)

Nageurs de combat du commando Hubert de la Marine nationale.
Nageurs de combat du commando Hubert de la Marine nationale.
En Afrique

1990
Gabon : des troupes sont envoyées à Libreville et Port-Gentil en renfort du dispositif militaire français, à la suite de graves émeutes. Les Français évacuent quelque 1 800 ressortissants étrangers.

1990-1993
Rwanda : la France envoie jusqu’à 600 soldats après l’offensive lancée par les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR) dans le nord-ouest du Rwanda. Ces militaires participent à l’évacuation de ressortissants européens (opération Noroît).
1991
Zaïre : après de violentes émeutes, 450 militaires français participent à une opération d’évacuation de ressortissants français.
Djibouti : après la chute du régime éthiopien et devant l’afflux de réfugiés, la France renforce son dispositif. L’opération Godoria, à caractère militaire défensif, est doublée d’une action humanitaire.

1992-1994
Somalie : la France envoie jusqu’à 2 500 hommes dans le cadre de l’opération multinationale Restore Hope (Rendre l’espoir), puis de celle des Nations Unies (Onusom II), pour venir en aide aux populations.

1994
Avril. – Rwanda : quelque 500 parachutistes évacuent un millier de ressortissants français et étrangers, après la mort du président rwandais Juvénal Habyarimana et les massacres qui ont suivi (opération Amarylis).
Juin-août. – Rwanda : l’opération militaro-humanitaire Turquoise mobilise jusqu’à 2 500 soldats français ainsi que plusieurs contingents africains dans le Sud-Ouest du pays et dans les camps de réfugiés dans l’Est du Zaïre (devenu République démocratique du Congo – RDC en 1997).
4 octobre 1995
Comores : un millier d’hommes participent à l’opération Azalée, mettant fin au coup d’État du mercenaire Bob Denard contre le président Saïd Mohamed Djohar.

18 mai 1996
Centrafrique : deux interventions de l’armée française à Bangui à la suite de mutineries d’une partie de l’armée. 2 300 soldats français sont mobilisés dans la deuxième opération baptisée Almandin 2.

1997
5 janvier. – Centrafrique : après l’assassinat de deux militaires français, Paris effectue une opération de représailles – qualifiée de  » légitime défense  » – contre des mutins centrafricains à Bangui. Une dizaine de rebelles sont tués au cours de cette troisième mutinerie en un an.
8-15 juin 1997. – Congo : quelque 6 000 ressortissants étrangers sont évacués de Brazzaville par 1 250 soldats français (opération Pélican). Un militaire français est tué et sept autres sont blessés.
Octobre. – Congo : après la chute de Brazzaville et de Pointe-Noire aux mains des partisans de Denis Sassou Nguesso, quelque 80 étrangers, principalement des Français, sont évacués (opération Antilope).

Août 1998
Congo : mise en place à Brazzaville d’un dispositif militaire français (opération Malachite) pour faciliter le départ de 2 500 ressortissants étrangers de Kinshasa (RDC, ex-Zaïre).

Janvier 1999
Djibouti : mission Khor-Angar pour protéger Djibouti d’éventuels débordements du conflit entre l’Éthiopie et l’Érythrée par la mise en place d’une défense aérienne et maritime renforcée du port et de l’aéroport.

Septembre 2002
Côte d’Ivoire : alors que les tensions s’exacerbent, la France envoie des renforts pour assurer la sécurité des ressortissants français et étrangers sur place (opération Licorne). Début 2004, près de 4 000 soldats y sont toujours stationnés.

Mai-août 2003
RDC : les soldats français constituent l’essentiel de la force multinationale d’urgence Artémis mandatée par l’ONU et déployée par l’Union européenne en Ituri, dans le Nord-Est de la RDC.

Le reste du monde ?

  1. ou Collioure – François Darnaudet avec Catherine Rabier, Collioure Trap, Fleuve noir « Gore », 1989 ; réédition : L’appel de Collioure, éditions de l’Agly, 2000. Andernos trap, Vaugirard « Gore », 1990. []

2 réponses sur “La France cadre d’aventures”

  1. Sur mes débuts de roliste et de MJ, j’ai beaucoup fait jouer en France.
    J’ai commencé par Nephilim:Revélation (ouais, dur dur pour débuter), et les personnages des joueurs évoluaient dans la ville où nous habitions.
    J’ai fait beaucoup de jdr en impro totale aussi à une époque. Les pitchs étaient simples, du genre « Vous vous réveillez après une soirée de jeu de rôle et vous vous rendez-compte qu’il n’y a plus personne dans la ville ». On peut tenir longtemps rien qu’en exploration, et si ça tourne en rond, hop, on ajoute des zombies !
    Les joueurs se jouent eux-même, mais surtout, le fait de jouer dans la ville où l’on vit permet de se sentir à l’aise et de savoir où l’on va (surtout pour des débutants), quitte parfois à sortir la carte ou a expliquer au MJ que si, il y a une armurerie là en plein milieu d’Amiens, je te jure (C’est le cas d’ailleurs).
    Autre exemple durant lequel j’étais joueurs, nous nous jouions nous-même une fois de plus, et on se réveillait dans une cabane au milieu de la forêt autour du cadavre du MJ, une sensation de culpabilité, les mains pleines de sang et aucun souvenir de ce qui s’était passé. Au delà de la base de départ, le MJ nous a offert des forts moment d’angoisses en nous impliquant directement mais aussi en faisant vivre le décor par rapport aux lieux que nous connaissions intimement. La forêt était semblable en tout point à celle à coté de chez nous, tout en étant différente. Les choses étaient familières et leur étrangeté n’en devenait que plus inquiétante.
    Bon, oui, je sais, on joue à des trucs de fous :P.

  2. Concernant Nephilim, je crois qu’une des raisons du succès c’est ce coté French. Quelque soit le coin de France où on se trouve, il y a toujours un coin mystérieux, des légendes (urbaines ou pas), et c’est assez sympa d’y placer une partie de jdr.
    Sinon se jouer soi-même c’est pas ce que je conseillerai, mais je l’ai fait aussi… 😉 ça permet de faire des démarrages de parties très rapides. Super idée de scénar celle de la cabane en pleine forêt !
    Autre idée pas mal aussi que j’ai fait jouer c’est : « Vous allez à un concert Metal qui se déroule dans un hangar de la zone industrielle du coin… Et un tremblement de terre fait tout s’effondrer… les pjs sont seuls survivants… » et voilà l’aventure commence dans un cadre familier, mais super déformé… puis pareil, si ça tourne en rond, on rajoute des zombies (ou des aliens)…

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